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" Nous avons fui les ADF, mais aujourd'hui c'est la faim qui nous tue ", crie une déplacée de Beni
La crise humanitaire continue de s'aggraver pour les familles ayant fui les récentes attaques attribuées aux combattants des ADF dans la région de Makumo, en territoire de Mambasa, province de l'Ituri. À Beni, ces déplacés peinent à reconstruire leur vie et font désormais face à une autre épreuve : la faim.
Rencontrée hier mardi 4 août dans la cellule Mabatali, au quartier Mambango, dans la ville de Beni, une mère de famille déplacée a témoigné sur les difficultés qu'elle traverse depuis son arrivée. Elle explique avoir quitté précipitamment Makumo pour échapper aux violences armées.
Selon son récit, la menace sécuritaire l'a contrainte à abandonner sa maison, ses champs et une partie de sa famille. Ses enfants sont restés à Makumo, une séparation qui alourdit davantage sa souffrance quotidienne.
" Nous avons fui les attaques pour sauver nos vies. Mais aujourd'hui, c'est la faim qui nous tue ", confie-t-elle avec émotion. Pour cette déplacée, l'insécurité a été remplacée par une précarité qui ne cesse de s'aggraver.
Elle affirme qu'en ville, les conditions de vie sont particulièrement difficiles pour les ménages des déplacés. Sans terres à cultiver ni revenus stables, plusieurs familles éprouvent d'énormes difficultés à se procurer de la nourriture et à subvenir aux besoins essentiels.
SOUHAIT DE RETROUVER UNE SITUATION SECURITAIRE STABLE
Son plus grand souhait est de retrouver une situation sécuritaire stable afin de retourner dans sa zone et reprendre les activités agricoles qui constituaient la principale source de subsistance de sa famille.
La mère de famille lance un appel aux services de sécurité afin qu'ils renforcent les opérations de sécurisation dans les zones affectées par les violences. Elle estime que le retour de la paix permettra à des milliers d'agriculteurs de regagner leurs champs et de retrouver leur autonomie.
Elle invite également les autorités compétentes à prendre en considération la situation des déplacés internes, qui vivent dans des conditions extrêmement précaires. Selon elle, une assistance humanitaire demeure indispensable en attendant un retour sécurisé dans leurs villages.
S'adressant aux médias, cette déplacée demande que le cri de détresse des victimes soit relayé auprès des décideurs. " Nous demandons la sécurité et la paix. Une fois la paix rétablie, nous retournerons dans nos champs ", a-t-elle déclaré.
Pascal NDUYIRI