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Nord-Kivu : Vingt corps abandonnés après une attaque des ADF à Lubero
La situation est devenue critique au Nord-Kivu suite à une attaque des forces rebelles des ADF (Allied Democratic Forces), survenue entre le 29 et le 30 septembre dernier. Environ vingt corps de civils, victimes de cette violence insensée, gisent encore, abandonnés, dans plusieurs villages du territoire de Lubero. (Bilulu, Makaburi, Pabalaba, Mamulonde), à une centaine de kilomètres de Lubero-centre.
Président de la société civile du secteur de Bapere, Samuel Kagheni a exprimé son indignation face à cette tragédie. » Ces corps, qui doivent être traités avec dignité, continuent d’apporter douleur et souffrance à nos communautés déjà éprouvées par des années de conflits « , a-t-il déclaré à nos confrères de la radio Okapi.
Le ressenti général est celui d’un profond désespoir face à l’inaction des autorités. Pour Samuel Kagheni, il est essentiel que des mesures soient rapidement prises pour initier les funérailles dignes de ces victimes, tout en appelant à une opération militaire pour sécuriser la zone.
LA PSYCHOSE DE LA PEUR
La présence des ADF continue de semer la terreur dans cette région, provoquant non seulement des pertes en vies humaines, mais aussi un climat d’insécurité généralisée qui empêche la population de mener une vie normale. Selon des témoignages locaux, de nombreuses familles vivent dans la peur permanente d’autres attaques, rendant leur quotidien insupportable.
Les autorités militaires sont attendues dans les villages sinistrés afin de rassurer les habitants. Kagheni a ainsi demandé que les équipes de volontaires soient soutenues et encadrées pour procéder à l’inhumation des victimes. « Nous avons besoin de leur présence pour sécuriser l’enterrement et permettre aux familles de faire leur deuil « , a-t-il estimé.
Le gouvernement provincial a promis une aide financière pour faciliter cette procédure, mais la crainte demeure quant à la réelle protection fournie aux habitants.
Dans l’attente d’une intervention concrète des autorités, les villageois doivent faire face à ce drame et aux conséquences d’un conflit qui ne semble pas prêt de s’apaiser.
Les appels à un soutien urgent et à une lutte énergique contre les ADF se font entendre, alors que la quête pour la paix et la dignité humaine continue de préoccuper la population locale.
Pascal NDUYIRI