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Miba : La relance piétine
Plus de quatre mois après l’annonce officielle, par le président de la République Félix Tshisekedi, d’un décaissement d’une enveloppe de 50 millions de dollars américains au profit de la Société minière de Bakwanga (MIBA), rien de concret n’est encore entrepris pour la relance effective de cette société, autrefois considérée comme poumon économique du Grand Kasaï. Annoncée comme imminente au mois de décembre 2024 par le chef de l’État lui-même lors de sa visite à Mbuji-Mayi, la relance peine à se faire jour. C’est pourquoi, des voix s’élèvent déjà pour soupçonner le détournement de ces fonds.
Il est tout à fait normal que ce genre d’allégations circulent au regard de la grave situation plus que précaire que traversent depuis plusieurs années, les cadres et agents de cette société étatique. Ces bruits sont principalement causés par les missions de service effectuées par quelques autorités de l’entreprise, alors qu’en retour il n’y a aucun impact palpable.
En principe, sur les 50 millions de dollars américains disponibilisés par le gouvernement congolais, la grosse part devrait être affectée au renouvellement presque complet des équipements de production de cette entreprise. Car, le grand mal dont elle souffre c’est le manque de machines pour l’exploitation. Si aujourd’hui, après la mise à leur disposition de 50 millions de dollars américains, les responsables de la MIBA commencent par acheter les équipements, ils vont susciter la confiance de leurs employés et les rumeurs de ce genre n’auront pas droit de cité.
Pour revenir sur les fonds alloués à cette société minière, quelles que soient les raisons que peut avancer sa haute hiérarchie, il n’est pas compréhensible que près de cinq mois après rien ne soit entrepris. C’est comme si pendant tout ce temps mort, ses dirigeants n’ont pas réfléchi aux voies et moyens de sortir leur société de l’ornière. À présent que des soupçons de détournement pèsent sur eux à cause de leur léthargie, nous espérons qu’ils vont se réveiller de leur torpeur et mettre rapidement en place un plan de trésorerie pour la relance de leur société.
La responsabilité des politiciens
Les ressortissants du Grand Kasaï et les Congolais dans leur ensemble attendent avec impatience la renaissance de la MIBA vu le rôle qu’elle a joué dans le développement socio-économique de cet espace et de la RDC. Sa faillite a provoqué des conséquences incalculables directes et indirectes sur la vie tant de son personnel que de tous ceux qui organisaient leurs activités autour d’elle.
S’il faut rechercher les causes de la descente aux enfers de la Miba, nous devons pointer du doigt les politiciens qui se sont mêlés à sa gestion. C’est pendant la 2ème République mobutiste que le malheur de cette société a commencé. Ses recettes ont été en grande partie détournées vers des activités à caractère propagandiste pour le compte du MPR, parti-État.
Ces dépenses, colossales de surcroît, n’ont pourtant rien avoir avec l’objet social de cette société. La conséquence de cette mauvaise gouvernance est le non renouvellement de l’outil de production qui a conduit à l’arrêt presque total des activités de la minière. La politisation à outrance de l’administration de la MIBA est donc la cause profonde du chaos de cette société. À ce mal s’ajoute l’incivisme de certains habitants de Mbuji-Mayi qui se permettent d’envahir les concessions de ce patrimoine public pour y exploiter illégalement les minerais. Malheureusement, ces creuseurs clandestins n’ont jamais été sanctionnés de manière exemplaire de sorte que ceux qui seraient tentés par ce genre d’aventure soient dissuadés.
En tout état de cause, le défi auquel la MIBA est confrontée depuis plusieurs années peut bel et bien être relevé avec une volonté politique clairement affichée. C’est ce que le gouvernement vient de faire en allouant une rondelette somme de 50 millions de dollars américains, geste jamais posé depuis des années. D’aucuns espèrent que l’exécutif national ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Le mieux est d’instaurer un ordre de paiement permanent en faveur de cette société jusqu’à la reprise totale de ses activités. Une fois ce pari gagné, l’économie congolaise aura des nouvelles ailes pour le bien-être des populations.
Muke MUKE