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Lutte contre le paludisme : La RDC reçoit un premier lot de 693.500 doses de vaccin
La République Démocratique du Congo a réceptionné, le 13 juin dernier dans la nuit, un premier lot de 693.500 doses de vaccin antipaludique, appelé aussi R21 Matrix-M, à Kinshasa par l’aéroport de N’djili. La réception de ce premier lot de vaccin antipaludique va permettre au pays de franchir un pas important dans la lutte contre le paludisme. Ces doses sont destinées à vacciner les enfants de 6 à 23 mois contre le paludisme, une maladie qui affecte des millions de personnes en RDC et à travers le continent africain, rapporte un communiqué conjoint des partenaires dont l’OMS et l’Unicef.
A la réception de ce lot de vaccins, le ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale Dr Roger Kamba a déclaré : » Nous recevons pour la première fois en République Démocratique du Congo, le vaccin pour lutter contre le paludisme qui est une des grandes causes de mortalité notamment chez les enfants qui payent le lourd prix de cette maladie. Il va donc de soi que toutes les solutions que nous pouvons utiliser pour diminuer la mortalité dûe à cette maladie sont importantes. Il est démontré que ce vaccin est efficace pour avoir été utilisé dans d’autres pays d’Afrique sur plus de 2 millions d’enfants; voilà pourquoi le ministère de santé publique a fait le choix d’utiliser ce vaccin pour diminuer la mortalité liée au paludisme ».
Selon lui, ce vaccin sera donné en 4 doses (à 6 mois, 7mois, 9 mois et 15 mois ) en suivant les provinces les plus touchées par la maladie, notamment le Kongo-Central, le Grand Bandundu et Kinshasa, ainsi de suite, pour assurer une large couverture d’enfants en attendant d’autres lots.
Le vaccin étant pré qualifié par l’Oms est sécuriser pour les enfants ainsi le ministre Roger Kamba a insisté sur sa qualité tout en laissant la main au ministère de la recherche scientifique à continuer des recherches dessus.
L’Organisation Mondiale de la Santé souligne que les vaccins contre le paludisme préviennent plus de la moitié des cas chez l’enfant dans l’année suivant la vaccination, quand les enfants sont exposés à un risque de maladie et de décès élevé, indique la source.
Ce vaccin a déjà été introduit dans plusieurs pays du continent tels que le Ghana, le Kenya, le Malawi, le Cameroun, le Bénin, le Burkina Faso, avec les résultats suivant:
o La vaccination a entraîné une baisse de 13% du nombre de décès, toutes causes confondues, chez les enfants en âge d’être vaccinés; la vaccination contre le paludisme a réduit de plus de la moitié le nombre de cas de paludisme au cours des 12 mois qui suivent l’administration des trois premières doses. Une quatrième dose permet de prolonger la protection; une réduction de 22% des hospitalisations pour paludisme grave a été observée; l’utilisation du vaccin antipaludique n’a pas réduit l’utilisation des méthodes de prévention ayant prouvé leur efficacité (moustiquaires imprégnées d’insecticide par exemple) ni l’adoption d’autres vaccins infantiles ou le recours aux soins en cas de fièvre; les résultats sont optimums lorsque la vaccination antipaludique est associée à un ensemble d’interventions de lutte contre le paludisme adaptées au contexte local; enfin, la fiabilité du vaccin a été démontrée après l’administration de plus de six millions de doses de vaccin à plus de deux millions d’enfants.
Par ailleurs, poursuit la source, le vaccin R21/Matrix-M est conçu pour cibler le stade sporozoïte du plasmodium, qui est transmis aux humains par les piqûres de moustiques. C’est durant cette phase initiale que le vaccin s’avère le plus efficace, car il combat les quelques sporozoïtes, allant de 10 à 100, qui pénètrent dans la circulation sanguine avant que le parasite ne puisse se multiplier.
L’introduction de R21/Matrix-M devrait renforcer considérablement les efforts de la RDC pour protéger ce groupe d’âge vulnérable.
Ensuite, la source fait remarquer que les parents sont fortement encouragés à faire vacciner leurs enfants selon le calendrier de quatre doses pour une protection optimale. Le vaccin réduit non seulement le risque d’infection par le paludisme, mais prévient également les manifestations graves de la maladie et réduit la mortalité.
Le vaccin contre le paludisme est le résultat de décennies de recherche, de développement de vaccins et de coopération entre les secteurs public et privé. Les chercheurs africains ont été à l’avant-garde du développement de ce vaccin.
Pour terminer, les données les plus récentes issues du système de surveillance épidémiologique du ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale et du rapport annuel du Programme national de lutte contre le paludisme (PLNP) de 2022 montrent que les enfants de moins de 5 ans représentent pratiquement 50% des cas de paludisme et plus ou moins 70% des décès dus à cette endémie en RDC. Selon ces données, la RDC a enregistré 27 296 419 cas de paludisme dont 13 300 804 chez les enfants âgés de moins de 5 ans (48,7%). De ces chiffres, 1 176 648 cas concernaient le paludisme grave. Les mêmes statistiques renseignent plus de 24 880 décès dus au paludisme à la période susmentionnée, parmi lesquels on trouve 16 921 enfants de moins de cinq ans (68%).
L’OMS, GAVI, PATH, CHAI, l’UNICEF, tous les partenaires impliqués accompagnent le Gouvernement dans le déploiement du vaccin antiplaudique sur toute l’étendue du territoire national.
Mathy Musau