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LUTTE CONTRE LA FALSIFICATION : Kinshasa enclenche une opération coup de poing dans ses ambassades
Le ministre d'État en charge de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba, a lancé une mission conjointe entre son ministère et celui des Affaires étrangères, destinée à remettre officiellement les sceaux d'État aux ambassades et postes consulaires de la République démocratique du Congo à travers le monde.
L'annonce, faite via un communiqué officiel, sonne comme un avertissement clair à ceux qui, tapis dans l'ombre, s'adonnent à la falsification et à la contrefaçon des documents officiels congolais.
Cette opération, qui se veut progressive et méthodique, vise un double objectif : redynamiser le fonctionnement administratif des représentations diplomatiques et instaurer une rigueur nouvelle dans l'émission de documents, en y apposant un sceau incontestable et infalsifiable.
coup de balai dans 17 chancelleries
La première salve de cette opération, savamment préparée, touchera une sélection de 17 chancelleries considérées comme stratégiques. Il s'agit des représentations congolaises à Doha (Qatar), Malabo (Guinée équatoriale), Lisbonne (Portugal), Madrid (Espagne), Berlin (Allemagne), Rome (Italie), Dakar (Sénégal), Ankara (Turquie), Londres (Royaume-Uni), Paris (France), Berne (Suisse), Tel Aviv (Israël), Beijing (Chine), Washington (États-Unis), Ottawa (Canada), Bruxelles (Belgique).
Une sélection qui illustre la volonté du gouvernement de frapper fort, là où les enjeux diplomatiques, migratoires et économiques sont les plus sensibles.
FOLLUCO en renfort
Fait notable : cette opération est portée financièrement par le Fonds de Lutte contre le Crime Organisé (FOLLUCO), un organe encore peu connu du grand public, mais qui semble désormais déterminé à sortir de l'ombre. En mobilisant ce fonds, Constant Mutamba place son action sous le signe de la rigueur et de la tolérance zéro vis-à-vis de la criminalité administrative. Il s'agit, ni plus ni moins, de refermer une brèche béante par laquelle s'engouffrent fraudes, fausses identités, et autres actes de trahison bureaucratique.
Un signal fort, un geste de souveraineté
Dans un contexte mondial où la crédibilité des États se mesure aussi à la solidité de leurs documents officiels, cette initiative résonne comme un geste de souveraineté.
Elle vise à redonner au sceau congolais toute la majesté et l'autorité qui lui reviennent, en éliminant les pratiques de bricolage administratif trop souvent tolérées, voire orchestrées dans certains cercles consulaires.
Constant Mutamba, dont la rhétorique volontariste commence à marquer les esprits, semble ainsi vouloir inscrire son passage à la Justice dans le marbre de l'action concrète.
En jetant un pavé dans la mare de la diplomatie paresseuse et des pratiques douteuses, il interpelle tous les gestionnaires de la chose publique : l'heure n'est plus à la compromission.
Une opération à suivre de près
Reste à savoir si cette opération tiendra ses promesses sur le long terme et s'étendra réellement à toutes les représentations diplomatiques de la RDC. Mais déjà, le ton est donné.
Et Kinshasa envoie un message fort : désormais, chaque document délivré en son nom devra porter la marque indélébile de l'État. Celle qui ne s'efface ni au soleil de la compromission, ni sous la pluie de la fraude.
Une révolution douce, mais ferme. Un petit pas pour un sceau, un grand pas pour la justice.
Jérémie ASOKO