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Les tarifs de transport stagnent malgré la baisse du prix du carburant !
Alors que le gouvernement a revu à la baisse les prix du carburant, essence et gazoil, les chauffeurs de taxis et taxi-bus s’entêtent à faire payer aux passagers les mêmes tarifs comme si rien ne s’est passé. Cet incivisme dépasse tout entendement dès lors que nous savons que chaque fois que le prix du carburant à la pompe est majoré, même de quelques francs congolais seulement, les conducteurs de transports en commun se précipitent à augmenter les tarifs de manière unilatérale. Ils ne se réfèrent nullement à l’autorité urbaine. Pire encore, ils fixent ces tarifs selon les heures de la journée, et des fois selon qu’il pleut ou pas.
Face à ce comportement inacceptable des chauffeurs, l’on se se demande pourquoi l’autorité compétente hésite à mettre fin à ce désordre qui n’a fait que trop durer dans ce secteur. Aussi loin que notre mémoire peut nous renvoyer dans le passé, nous nous souviendrons qu’à son époque, le gouverneur André Kimbuta prenait des arrêtés portant fixation des tarifs des transports en commun suivant les itinéraires. Et ces arrêtés étaient respectés par les chauffeurs de taxis et taxi bus malgré des dérapages de quelques têtus. Les agents de la division urbaine de Transport et des fois les agents du service de sécurité appelés Bureau 2 opéraient des contrôles sur la route pour veiller au respect strict de la décision de l’autorité urbaine . Après André Kimbuta, plus rien.
Les passagers sont livrés à la merci des caprices des chauffeurs. Face à ce qui ressemble aujourd’hui à la jungle, l’actuel locataire de l’Hôtel de Ville de Kinshasa est invité à réagir et le plus tôt possible. C’est sur ce point d’ailleurs que ses administrés l’ attendent. Dans leur impatience, les Kinois ne tarissent de critiques acerbes. Les conclusions de la réunion projetée prochainement avec l’Association des chauffeurs (ACCO) sont attendues avec impatience.
Le plus important n’est pas de prendre des arrêtés, mais plutôt le suivi de leur application étant donné qu’il existe plusieurs décisions qui ont été bafouées par les Kinois, sans qu’aucune sanction ne soit prise contre les récalcitrants. C’est pourquoi, beaucoup doutent déjà de la réussite de son projet dénommé « Kinshasa ezo bonga » qui signifie « Kinshasa va se métamorphoser« .
Malheureusement, depuis sa prise des fonctions, on ne sent pas cette transformation arriver. Les quelques excellentes initiatives prises sont vouées à l’échec. Le banditisme urbain des jeunes délinquants dits Kuluna prend de plus en plus de l’ampleur. Alors qu’ils opéraient généralement la nuit, maintenant c’est en pleine journée qu’ils posent leurs actes criminels. Ils se meuvent comme dans un territoire conquis.
Concernant l’insalubrité, elle est devenue tellement criante que les citoyens lambda se demandent pourquoi le gouvernement provincial a lancé la fameuse opération coup de poing, alors qu’il savait très bien qu’il n’allait pas s’en sortir. D’autant plus que même dans le périmètre de l’Hôtel de ville, les immondices se mêlent aux autres détritus. À côté de l’entrée principale du cabinet du Gouverneur, le spectacle est ahurissant. Près des environs du siège de l’Assemblée provinciale offrent un visage hideux. L’on se demande comment les députés provinciaux, censés contrôler le gouvernement provincial, peuvent tolérer de vivre dans un tel environnement. Les marchés communaux et les pirates, qui auraient dû être les milieux les plus propres, sont au contraire les endroits les plus insalubres.
Beaucoup d’autres exemples peuvent être cités pour montrer que le slogan de campagne du gouverneur de Kinshasa risque d’être un vœu pieux au grand dam de la population de la capitale. Cependant, rien n’est encore tard.
Faire respecter la loi dans toute la rigueur
L’Assemblée provinciale et son exécutif peuvent bien l’aider à sortir du carcan dans lequel il se trouve. Le problème le plus facile à résoudre maintenant est la fixation des tarifs des transports en commun étant donné qu’il ne va pas avoir besoin de moyens financiers pour le faire, mais uniquement de la détermination. Une autre tâche à réussir facilement consiste à faire respecter strictement l’instruction interdisant aux chauffeurs de remorques et autres gros engins de circuler avant 22h00 pour éviter les embouteillages indescriptibles qu’ils occasionnent. Il s’agit d’une vieille instruction dont il faut veiller l’application.
Par ailleurs, le locataire de l’Hôtel de ville de Kinshasa devrait s’abstenir de prendre des décisions difficiles à faire exécuter pour éviter le déshonneur. Telles sont par exemple celles qui concernent l’évacuation des épaves de véhicules abandonnés sur la voie publique, le respect des heures d’ouverture et de fermeture des débits de boissons, la lutte contre les nuisances sonores,l’interdiction d’occuper les espaces publics,… Le désordre continue à persister dans ces différents domaines comme s ‘il n’ existe aucune décision de l’autorité. Avec des administrés aussi inciviques que les Kinois, il faut adopter des mesures fortes, sinon on se fait marcher sur la tête, avec le risque de terminer son mandat de manière catastrophique. À bon entendeur salut.
Muke MUKE