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Le » Je nous accuse » de Jean-Marc Kabund
Un procès dans le procès. Un accusé qui accuse. Voilà résumée l’entame de la comparution de Jean-Marc Kabund à la Cour de cassation.
Difficile de rester impavide au « J’accuse » version Kabund. Tant en la matière, cet ancien faiseur des rois au sein de la Fatshisphère a toute la légitimité de celui qui sait de quoi il parle. C’est bien le cas lorsqu’il dénonce, doxa de l’UDPS en bandoulière, les injustices sociales les inégalités sur fond des disparités salariales himalayennes entre le personnel politique et les fonctionnaires.
En somme, Jean-Marc Kabund constate qu’avant l’avènement de l’UDPS au pouvoir est égale à l’après accession de la formation tshisekediste aux affaires. Le changement, totem du parti, et son corollaire « le peuple d’abord » n’a eu jusque-là pour seul mérite que d’enrichir le musée déjà fort achalandé de slogans. A cinq mois de la fin du quinquennat Fatshi, on peut donc difficilement – c’est un euphémisme- contredire, bilan social à l’appui, l’ancien mandarin du parti au pouvoir.
Le hic, c’est que Jean-Marc Kabund ne s’était pas particulièrement illustré par une vertu à toute épreuve lors de l’exercice du pouvoir d’Etat. Bras droit du Président Tshisekedi, régent de l’UDPS, commandant en chef de fait des troupes à l’Hémicycle recrutées à la suite d’un mercato inédit dans les annales parlementaires, le « maître -nageur » n’a pas mis beaucoup de temps à manifester des signes de l’ivresse du lait. Non seulement, il s’est transfiguré socialement à la vitesse grand V, mais en plus il s’est senti investi d’une mission quasi divine de répression des « vices » sur la voie publique. Nombre d’automobilistes ont vu- à leurs dépens- l’alors tout puissant premier vice-Président de l’Assemblée nationale se transformer en agent qualifié réglementant à sa manière la circulation !
C’est justement cette casquette empruntée de super policier de roulage qui a sonné le début de sa descente des affaires aux enfers. Victime de ce que Pierre Victurnien Vergniaud guillotiné en octobre 1793 avait prophétisé : « la Révolution est comme Saturne : elle dévore ses propres enfants« .
Pour autant, impossible de ne pas entendre le « Je nous accuse » de Kabund. A moins de jouer à l’autiste. Ou de jeter le bébé avec l’eau du bain. José NAWEJ