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L’AN 1 DU GOUVERNEMENT SUMINWA, Samuel Mbemba passe à l’offensive pour rapprocher les Droits humains des citoyens
Redonner aux victimes une porte à laquelle frapper, y compris loin de Kinshasa : c’est l’un des principaux objectifs mis en avant par le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, après douze mois passés au sein du Gouvernement Suminwa II.
Dans un pays où les violations des droits humains restent nombreuses, particulièrement dans les zones affectées par les conflits, le ministre affirme avoir engagé une série de réformes pour rendre l’État plus présent et plus accessible aux citoyens.
Pendant longtemps, dans plusieurs provinces, les divisions des Droits humains ont existé davantage sur le papier que dans la réalité. Leur redynamisation constitue ainsi l’un des chantiers majeurs du ministère. Des infrastructures ont été construites, rénovées ou équipées à Mbuji-Mayi, Kananga, Matadi, Kenge, Bunia et Mbandaka. Des agents provinciaux sont également formés pour mieux recueillir les plaintes, documenter les violations et accompagner les personnes qui en sont victimes.
Derrière ces structures, il y a surtout des femmes, des hommes et des familles qui cherchent à être entendus. Le ministère dit désormais vouloir être plus proche de ces citoyens, qu’ils soient victimes de violences, travailleurs, consommateurs ou simplement confrontés à une situation où leurs droits ont été bafoués. Lorsque le problème peut être réglé par la médiation, les services tentent de rapprocher les parties. Lorsque la gravité des faits l’exige, les dossiers sont orientés vers les institutions compétentes.
REDONNER UNE PLACE AUX VICTIMES
La justice transitionnelle occupe une place importante dans cette nouvelle orientation. Le ministère travaille à identifier les personnes victimes de violations graves des droits humains dans plusieurs provinces accessibles.
L’enjeu dépasse les chiffres et les rapports. Pour une victime, être reconnue, raconter ce qu’elle a vécu et voir son histoire prise en considération peut constituer une première étape vers la reconstruction. C’est dans cette logique que le ministère met en avant quatre exigences : établir la vérité, rendre justice, réparer les préjudices et empêcher que les mêmes violences ne se reproduisent.
Ce travail vient compléter les mécanismes de réparation déjà engagés par le Fonds national de réparation des victimes, le FONAREV. L’objectif affiché est de replacer la victime au centre du processus, avec l’idée qu’une paix durable ne peut être bâtie en faisant l’impasse sur les souffrances du passé.
RENFORCER LA COLLABORATION POUR RÉPONDRE À CETTE RÉALITÉ
Sur le terrain, une victime n’a pas toujours besoin d’un seul type d’aide. Une femme qui a subi des violences peut avoir besoin d’une protection, de soins, d’un accompagnement psychologique et, parfois, d’un soutien pour retrouver son autonomie. Une famille déplacée peut, elle, avoir besoin d’un abri, d’eau, de nourriture et d’une protection juridique.
C’est précisément pour répondre à cette réalité que le ministère des Droits humains veut renforcer sa collaboration avec les Affaires sociales, l’Action humanitaire et le Genre, Famille et Enfant.
Les violations constatées par les services des Droits humains peuvent ainsi servir de base aux interventions humanitaires. Les alertes remontées du terrain permettent, lorsque la situation l’exige, de mobiliser une assistance pour les familles affectées. De leur côté, les services du Genre prennent notamment en charge les femmes victimes de violences et les enfants en rupture familiale ou en conflit avec la loi, en coordination avec les Affaires sociales, la Justice et d’autres secteurs.
Cette collaboration traduit une réalité simple : une victime ne vit jamais son problème en plusieurs ministères. Ses difficultés sont souvent liées les unes aux autres. La réponse de l’État doit donc, elle aussi, être coordonnée.
LE VÉRITABLE TEST SE JOUE SUR TERRAIN
Après une année, Samuel Mbemba Kabuya défend ainsi une administration qui veut sortir des bureaux pour se rapprocher des populations. La redynamisation des divisions provinciales, la formation des agents et le travail sur la justice transitionnelle constituent les principaux leviers de cette ambition.
Mais, le véritable test se jouera sur le terrain. Dans les provinces touchées par les violences, la population attend moins des annonces que des réponses concrètes : être écoutée, protégée, secourue et, lorsque ses droits ont été bafoués, voir justice rendue.
Pour le Gouvernement Suminwa II, le chantier est donc immense. Car, renforcer les institutions des Droits humains ne prendra tout son sens que lorsque le citoyen, même dans la province la plus éloignée de Kinshasa, pourra réellement sentir que l’État est là lorsqu’il a besoin de lui.
FDA