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Kinshasa : plusieurs quartiers plongés dans le noir
La ville de Kinshasa ne fait pas face uniquement aux embouteillages, à l’insalubrité ou encore aux difficultés liées à l’accès à l’eau. À ces problèmes, s’ajoute désormais celui de l’électricité, devenu un véritable casse-tête pour de nombreux ménages, petits commerçants et autres acteurs de l’économie locale.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, des habitants disent vivre depuis plusieurs jours, voire plus d’une semaine, sans courant électrique. Une situation qui perturbe considérablement la vie quotidienne et affecte les activités génératrices de revenus qui dépendent de l’électricité.
Si, dans certains coins de Kinshasa, le courant est fourni de manière intermittente, parfois avec une faible intensité, dans d’autres quartiers, le noir semble s’être installé durablement. C’est notamment le cas dans le quartier Kindele, dans la commune de Mont-Ngafula, ainsi qu’à Yolo Nord, dans la commune de Kalamu, et dans certains secteurs des quartiers Abattoir et Boba dans la commune de Masina.
CALVAIRE
À Kindele, où notre rédaction a effectué une ronde auprès de plusieurs ménages, des habitants affirment être privés d’électricité depuis plus d’une semaine. Une situation similaire est rapportée à Yolo Nord, où les consommateurs ne savent plus à quel saint se vouer.
« Nous sommes obligés de chercher des solutions alternatives, mais cela nous coûte cher. Même pour conserver certains produits alimentaires, nous rencontrons d’énormes difficultés », témoigne un habitant.
DES ACTIVITÉS COMMERCIALES AFFECTÉES
Cette absence prolongée d’électricité ne se limite pas aux foyers. Elle touche également de nombreuses petites activités commerciales qui dépendent directement de l’énergie électrique. Les vendeurs de vivres frais, les tenanciers de terrasses et de bars, les salons de coiffure, les ateliers et plusieurs autres petits commerces voient leurs activités perturbées. Pour certains, chaque journée sans électricité représente une perte importante de revenus.
Dans une ville où de nombreux ménages dépendent de petits commerces et activités informelles pour subvenir à leurs besoins, les coupures prolongées constituent un véritable coup dur.
La situation provoque l’indignation chez certains consommateurs qui disent continuer à recevoir des factures d’électricité, parfois jugées exorbitantes, malgré la qualité irrégulière de la desserte.
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour demander des explications à la Société nationale d’électricité (SNEL) et davantage de transparence sur les causes de ces interruptions prolongées. Les consommateurs souhaitent notamment connaître l’origine de ces perturbations, les mesures prises pour rétablir durablement la fourniture et surtout le calendrier de retour à une desserte normale.
LA SNEL INTERPELLÉE
L’électricité constitue un service essentiel au bon fonctionnement de la capitale. Plusieurs jours, voire une semaine ou plus sans courant, ont des conséquences directes sur les ménages, les activités économiques et les conditions de vie de la population.
Alors que l’actuel comité de gestion de la SNEL était notamment attendu sur l’amélioration de la qualité du service et la réduction des difficultés liées à la desserte, la réalité vécue dans plusieurs quartiers de Kinshasa demeure préoccupante.
Les habitants de Kindele, Yolo Nord, Abattoir, Boba et d’autres quartiers concernés attendent désormais des réponses concrètes et surtout le rétablissement rapide de l’électricité.
À Kinshasa, le noir qui s’installe dans certains quartiers, ne fait pas seulement perdre la lumière aux ménages : il plonge également une partie de l’économie de proximité dans l’incertitude.
César IPOKA