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La spiritualité en berne
Des chefs religieux auxquels on apprend ou on répète l’abécédaire du dialogue et du consensus ! En somme, les fondamentaux de leur job de pasteur ou d’imam. Un peu comme si on apprenait à un général l’abc de l’art militaire. Ou à un pêcheur professionnel comment jeter le filet sur un cours d’eau.
C’est, hélas, l’exercice auquel s’est adonné -bien malgré lui ?- le Nonce apostolique lorsqu’il conseille le dialogue et le consensus comme solution à la controverse autour de la désignation du candidat-Président de la CENI.
Comble de paradoxe, le sermon du missi dominici du Pape s’adresse d’abord aux chefs de confessions religieuses ! Eux à qui revient la responsabilité de trouver l’oiseau rare devant piloter le processus électoral. Or, ces pasteurs, prêtres et imams XXL en sont à se chamailler comme des laïcs qui peuplent la classe politique ! Même le déballage, version Conférence nationale souveraine, s’invite aux bisbilles.
Pis, les « Pères spirituels » ont enterré le dialogue. S’étant mis d’accord sur leur désaccord, le G2 et G6 chantent – respectivement au Centre interdiocésain et à la CIME – le « Chacun pour soi, Dieu pour tous » !
Au vu de ce spectacle…très mondain, les fidèles toutes confessions confondues ne savent plus à quel saint se vouer. Ils perdent non pas leur latin, mais leur lingala, leur chiluba, leur swahili et leur kikongo. Les plus accrocs à la lecture des saintes écritures y verront les signes du temps de la fin sur lesquels précisément leurs pères spirituels alertent pour stigmatiser les dérives et déviances de la société.
L’homélie sur le dialogue et le consensus de Mgr Ettore Balestrero à ses…collègues rd congolais sonne comme un véritable cas de conscience pour des chefs religieux dont la vocation est d’enseigner et de pratiquer le dialogue. Et d’être constamment solubles dans le consensus. Lorsque dans le champ confessionnel le dialogue et son corollaire le consensus devient une vertu en voie de disparition, pas l’once d’un doute : la spiritualité est en berne. Déjà sevrés de modèles dans l’espace séculier, les Congolais risquent d’être en manque de référence dans l’univers ecclésiastique !
Au XVIème siècle, le philosophe de la Renaissance Montaigne y allait de sa réflexion : « les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés » Les chefs religieux congolais trouveraient matière à interpellation et à auto-prédication dans cette citation. José NAWEJ