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La RDC élue hier au Conseil de sécurité de l’ONU
*Thérèse Kayikwamba salue "une victoire collective et un mandat de responsabilité"
La République démocratique du Congo vient d'être élue membre non permanent du Conseil de sécurité de l'Onu pour le mandat 2026-2027. Cette victoire diplomatique, enregistrée hier mardi 3 juin, à l'issue du scrutin tenu à l’Assemblée générale des Nations Unies, a été vivement saluée par Mme Thérèse Kayikwamba Wagner, la ministre d'Etat en charge des Affaires étrangères.
«C'est un moment déterminant», a-t-elle confié à la presse, soulignant la portée de ce siège pour Kinshasa, mais aussi pour l’ensemble du continent africain.
Au nom du président Félix Tshisekedi et du peuple congolais, la ministre d'Etat a exprimé une gratitude appuyée à l’endroit des États membres qui ont soutenu la candidature congolaise, à l’Union africaine pour son appui constant et solidaire.
Pour la patronne de la diplomatie, cette accession n’est pas qu’un honneur. Elle engage le pays à porter la voix d’une Afrique confrontée aux défis persistants de sécurité et de stabilité.
«Cette élection n’est pas seulement une marque de confiance, mais aussi une réflexion de l’unité africaine et de sa place de droit dans la formation de l’agenda mondial de la paix», a insisté Mme Wagner.
Elle est d'avis que la RDC abordera ce mandat avec la force de son histoire et l’expérience d’une nation qui a connu des décennies de conflits. «Nous savons ce que signifie vivre des crises prolongées et nous voulons mettre cette expertise au service de l’humanité», a-t-elle déclaré.
«La situation de l’Est est fondamentale «
Interrogée sur la place qu’occupera la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC au sein du Conseil, Mme Wagner n’a pas éludé la question. «La situation à l’Est est fondamentale pour le gouvernement congolais. Nos populations continuent de souffrir. Mais, nous devons aussi respecter le fait que ce siège, nous le tenons grâce au soutien de l’Afrique et pour défendre des causes qui dépassent nos seules frontières», a-t-elle rappelé.
Mme Wagner a évoqué la volonté de la RDC de contribuer à la réflexion mondiale sur les liens entre conflits armés, exploitation des ressources naturelles et changements climatiques. Des thématiques qui, selon elle, appellent une action concertée et des réponses innovantes.
Kinshasa se positionne comme un acteur constructif
Au-delà des crises congolaises, la ministre d'Etat en charge des Affaires étrangères a insisté sur l’ambition de Kinshasa de se positionner comme un acteur constructif, capable d’apporter des propositions fondées sur son expérience nationale et africaine. «Nous venons avec la force de notre vécu, non pour servir nos propres intérêts, mais pour défendre ceux de l’humanité», assure Mme Wagner.
Cette élection marque un tournant stratégique pour la RDC, qui s’apprête à réinvestir les cercles décisionnels onusiens en un moment où le système multilatéral fait face à des tensions inédites. Une occasion pour le Congo de faire entendre sa voix et de rappeler au monde les urgences africaines qui peinent trop souvent à franchir le seuil des priorités globales.
Jérémie ASOKO