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…Kananga : une bande à la machette fait régner la terreur au quartier Industriel
*Depuis quatre mois, l'avenue Félix Tshisekedi connait des agressions nocturnes récurrentes. Plus d'une dizaine de victimes déjà recensées, aucune interpellation à ce jour.
La peur a changé d'heure au quartier Industriel. Dès 19 heures, les habitants évitent l'avenue Félix-Antoine Tshisekedi, ex-avenue du Commerce, et surtout son tronçon jouxtant l'école Lumière des Nations. La cause : un groupe de jeunes opérant à la machette qui s'attaque aux passants, à Kananga, au Kasaï-Central.
Entre juin et octobre 2026, plus d'une dizaine d'agressions y ont été documentées par les autorités locales. Le mode opératoire reste le même. En petits groupes, les assaillants surgissent à la tombée de la nuit, menacent leurs cibles à l'arme blanche et les dépouillent de téléphones, d'argent et d'effets personnels avant de disparaître dans l'obscurité.
Le dernier cas en date illustre la vulnérabilité des riverains. Le week-end dernier, soit le samedi 10 octobre, un quinquagénaire a été pris à partie sur cette même avenue. Sous la menace, il a été dépossédé de son téléphone et de la somme qu'il avait sur lui.
Au-delà des vols, c'est le sentiment d'abandon qui s'installe. L'axe concerné, pourtant central et commerçant, souffre d'un déficit d'éclairage public et d'une absence quasi-totale de patrouilles nocturnes des services de l'ordre, selon plusieurs témoignages recueillis ce dimanche.
"On ne peut plus rentrer tard du travail sans craindre pour sa vie. On nous demande d'être prudents, mais c'est aux autorités de nous sécuriser", confie un habitant du quartier sous couvert d'anonymat.
Interrogée, la mairie de Kananga assure avoir saisi les services de sécurité compétents pour une intervention urgente. Mais sur le terrain, le constat est sans appel : à ce jour, aucune interpellation n'a été signalée en lien avec cette série d'attaques.
Face à cette insécurité qui s'enracine, la population ne réclame plus de simples promesses. Elle exige trois actions concrètes : une présence policière dissuasive et régulière après 19h sur l'avenue Félix-Antoine Tshisekedi, l'identification des auteurs présumés et un suivi effectif des plaintes déjà déposées.
En attendant, le quartier Industriel retient son souffle chaque soir, au rythme du crépuscule.
Félix MULUMBA