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Vox populi…
Pas besoin de sondage pour tâter le pouls de l’opinion congolaise par rapport à la énième agression rwandaise. Pas la peine non plus d’un référendum pour savoir ce que pense le peuple de la millième provocation de Kigali. Les manifestations de rue qui se multiplient à travers tout le pays renseignent sur l’état d’esprit ambiant.
Maintes fois mis à l’épreuve, les Congolais n’ont jamais raté une seule occasion de prouver à la face du monde qu’ils tiennent à l’intégrité du territoire national, comme à la prunelle de leurs yeux. Face à des dirigeants quelque peu enclins à des compromis qui sentent la compromission, le seul antidote à la « yougoslavisation« , à la soudanisation ou à l’émasculation de la RDC demeure le peuple congolais.
C’est pourquoi les autorités congolaises seraient bien inspirées d’écouter les masses populaires dans la gestion de la crise en cours. Sans faire l’éloge du bellicisme, sans être des va-t-en-guerre, force est tout de même de constater que les Congolais en ont marre de ces négociations au goût des palliatifs à court terme. Des calmants, des anesthésiants, des somnifères …qui, par définition, soulagent momentanément sans apporter la guérison.
En la matière, il y a même overdose. Car c’est depuis un quart de siècle que la RDC fait l’économie d’un remède de cheval face au « variant » rwandais. Voilà qu’à en juger par les prémices et prémisses de la thérapie de la communauté internationale, on s’achemine vers la prescription d’un énième « calmant« .
Une approche qui ne fait que retarder l’échéance de tous ceux qui, au fond, œuvrent à la balkanisation de la RDC. Une perspective qui structure et légitime le Pouvoir rwandais. Ce, comme un double gage de la mainmise de la minorité sur le Rwanda et de l’existence de tout ou partie du Kivu comme excroissance territoriale où régler les sempiternelles contradictions entre Tutsi et Hutus. Mais aussi plus trivialement comme « espace vital » en terme d’exploitation-pillage sous des dehors de « mutualisations » des ressources naturelles.
Pour peu que la voix du peuple soit la voix de Dieu, les gestionnaires temporels du bien commun qu’est la RDC devraient écouter cette rue. Laquelle, unanime, n’en peut plus de ces négociations avec Paul Kagamé -le même- qui consistent à mettre la poussière sous les moquettes haut de gamme des palais présidentiels ou des palaces dans l’une ou l’autre capitale de la sous-région. José NAWEJ