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Visite « ad limina apostolorum » des Evêques catholiques à Rome : La question des élections incontournable
Tous les cinq ans, les archevêques et évêques catholiques de la RDC se rendent à Rome, précisément au Vatican, pour une visite appelée «ad limina apostolorum». Elle dure 14 jours. Cette année, elle a débuté le lundi 9 octobre courant pour prendre fin le 23 octobre prochain. Durant ces assises, chaque archevêque ou évêque rend compte de la gestion de son diocèse au Souverain pontife, successeur pétrinien déclaré.
Selon le droit canon, un archevêque ou évêque dépend directement du Pape qui le nomme. Les conférences épiscopales de différents pays ne constituent que des instances d’échanges, toutes les importantes décisions de la vie des diocèses étant prises au Vatican.
Généralement, lorsque les prélats se retrouvent dans de pareilles réunions, qu’elles se tiennent au niveau local ou comme c’est le cas actuellement à Rome, des questions à caractère socio-politique s’invitent dans leurs échanges. La RDC, comme nous le savons, compte parmi les pays du monde où les chrétiens catholiques avoisinent les 70% de la population globale. Dans leur mission prophétique, les évêques de ce pays, dans le cadre de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), ont toujours réservé une place de choix aux questions liées aux conditions de vie des Congolais en général, lors de leurs conseils permanents. C’est pourquoi, depuis l’époque de la Deuxième République, il a toujours été enregistré des tensions entre cette église et les différents pouvoirs qui se sont succédé à la tête de la RDC, les dirigeants temporels digérant très mal les critiques faites par les hommes de Dieu sur leur manière de diriger le pays.
Les feus Cardinal Joseph Albert Malula, Fréderic Etsu et Laurent Monsengwo Pasinya ont subi des humiliations de la part des gouvernements qui ont dirigé durant leurs mandats apostoliques. Actuellement, le Cardinal archevêque de Kinshasa, Fridolin Ambongo, fait l’objet des critiques acerbes des partisans du pouvoir en place, à cause de ses prises de position qui ne sont pas de leur goût. Le climat entre l’église et le pouvoir est présentement mi-figue mi-raisin à cause du processus électoral que la CENCO n’apprécie pas. Sur cette question, les violons sont loin de s’accorder entre les deux parties à propos précisément de l’audit du fichier électoral.
Etant donné le rôle capital de la RDC au centre de l’Afrique, où des troubles post électoraux risquent de provoquer des dégâts collatéraux à travers tout le Continent, nous pensons que la question des élections du 20 décembre 2023 aura une place de choix dans les échanges des évêques avec le Pape François, surtout que celui-ci n’a cessé de se préoccuper de la situation d’insécurité en RDC. Car, au cas où le processus électoral en cours se termine par un chaos, le pays risque de sombrer dans un drame aux conséquences incalculables que nul ne pourra maîtriser. Mais la difficulté demeure dans le fait que les parties prenantes des élections en RDC, ne sont pas logées à la même enseigne confessionnelle. Chacun voit la chose suivant sa chapelle. Les pistes de sortie de crise que le Vatican peut proposer ne seront pas nécessairement agréées par ceux qui ne sont pas d’obédience chrétienne catholique, encore faut-il aussi se demander si la plupart des hommes au pouvoir, bien que catholiques, vont adhérer aux recommandations du Vatican.
Pour revenir sur cette visite ad limina apostolorum», il sied d’indiquer que la délégation des évêques est conduite par le Président de la Cenco Mgr Marcel Utembi, Archevêque métropolitain de Kisangani. Le président de la Cenco n’est pas le chef des évêques, car tous sont sur un même pied et ne répondent qu’au Pape. Cette visite coïncide avec le synode convoqué par le Pape François pour évoquer toutes les grandes questions sensibles qui touchent à la vie de l’église. Muke MUKE