Dernière minute
Société
Plus de 10 millions de morts. Tel est le bilan macabre établi par le système des Nations unies pour la guerre qui sévit dans l’Est de la République Démocratique du Congo depuis environ trois décennies. Un bilan en constante augmentation, d’autant que, chaque jour, au moins une âme tombe sur le…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, la problématique du mariage précoce chez les jeunes filles demeure une préoccupation majeure pour les acteurs des…
Étranger
Rabat - Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, accompagné de Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan, a présidé, samedi au Palais Royal à Rabat, un Conseil des ministres…
Nation
Le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, a effectué une visite de travail, le lundi 19 octobre, au bureau du Procureur général près la Cour de cassation (PGCCAS), Firmin…
Valery Mayensi « Stromae »: « Je voulais être journaliste, mais le destin m’a conduit aux Beaux-arts »
Doué en dessin et en peinture, Valery Matensi nourrit, dès le jeune âge, sa passion pour le journalisme et la musique. Cheveux touffu, taille de Sisyphe, élancé comme un basketteur, il est bien fier de ressembler à son menthor Stromae, le célèbre chanteur compositeur belge (Du vrai nom Paul Van Haver) dont on lui a collé le sobriquet.
Fils d’un fonctionnaire et d’une enseignante, originaire du Kongo central, Valery Matensi se voyait bien dans la peau d’un journaliste, mais le destin en a décidé autrement. Né le 1er mars 1994 à Kinshasa, diplômé des humanités littéraires au collège Saint Martin en 2016, le « Stromae congolais » a dû chômer deux ans avant d’entrer d’accéder aux études supérieures … pour enfin comprendre que la providence l’attendait à l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa.
Aujourd’hui étudiant en 2ème année en communication visuelle, au département d’art graphique, Valery Matensi réalise que son talent en dessin peut lui ouvrir bien de portes dans le monde professionnel. « Je dessinais déjà bien à l’école primaire et aux humanités. Mais, je ne comptais pas vivre de ce talent, car je minimisais l’art, convaincu qu’il ne nourrit pas son homme. Mon long chômage après les humanités me permettra de réaliser le contraire« .
A vrai dire, Valery Matensi avait appris à faire de la peinture sur toile pendant les deux années de chômage, initié par Somi Kafino, un ami artiste plasticien. Sa touche a beaucoup marqué son maître de circonstance qui a estimé qu’il perdait du temps à attendre son inscription en journalisme. Comme Somi Kafino, des voix concordantes n’ont cessé de recommander à « Stromae » de rejoindre l’univers des artistes à l’Académie des Beaux-arts.
Septième d’une famille de huit enfants, Valery Matensi se rappelle à ce jour les nombreuses sollicitations dont il faisait l’objet aussi bien à l’école primaire qu’à l’école secondaire où ses dessins faisaient des émules. « Dans mon entourage, tout le monde savait que je savais dessiner, confesse-t-il. Enfant, je m’amusais à dessiner en plein cours, au point d’énerver mes profs qui me chassaient. Des amis, en effet, m’apportaient leurs cahiers pour que je dessine pour eux. On ne cessait, dès lors, de me répéter que ma place était à l’Académie ».
S’attendant à étudier le journalisme à l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (Ifasic) pour maîtriser l’art de parler, « Stromae Maestro » doit aujourd’hui se contenter de laisser exprimer son pinceau et son crayon noir.
« C’est d’ailleurs quand je mettais la peinture dans une maison ou j’étais sollicité que j’ai appris, par la radio Top Congo, qu’on organisait un concours de dessin à Kinshasa. J’ai aussitôt postulé au projet « Biso nionso tokanisa » de Caricakin en envoyant vite trois planches aux organisateurs. J’ai, par la suite, été aux anges quand Mme Marta Mondo de la Fondation Friedrich-Ebert-Stiftung m’informera que j’étais retenu parmi les 19 participants aux ateliers de formation au dessin de presse« , nous confie Valéry Matensi.
Impressionné par ses formateurs de l’Association des dessinateurs de presse (Adep) qui l’ont initié à la caricature durant les dix jours des ateliers au Jardin botanique de Kinshasa, Valery Matensi salue ce projet qui lui ont permis de parfaire ses connaissances, son talent et d’espérer, enfin, entrer par la grande porte dans l’univers des caricaturistes, de la bande dessinée voire de dessin animé. Yves Kalikat