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Tenasosp: Une vaste «escroquerie» pédagogique?
C’est la Haute saison à l’Education nationale et Nouvelle citoyenneté en Rd Congo. Principalement, pour les inspecteurs et autres chefs d’établissements de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST).
Après l’Examen national de fin d’études primaires (Enafep), organisé les mardi 1er et mercredi 2 juillet, les élèves de la 8ème année se préparent, à leur tour, à affronter les jeudi 17 et vendredi 18 juillet, les épreuves du fameux Test national de sélection et d’orientation scolaire et professionnel (Tenasosp).
S’ajoutent à ces deux concours, les épreuves de la session ordinaire de l’Examen d’Etat pour les finalistes des humanités.
Cependant, si l’Enafep et l’Examen d’Etat font l’unanimité dans les milieux, aussi bien des experts de l’Education nationale que des parents d’élèves, le Tenasosp reste, quant à lui, sous les feux de plusieurs critiques. Non sans raisons.
DU CONCEPT D’EPREUVE CERTIFICATIVE
Que l’Enafep soit appelé un test certificatif, rien à redire. Car, effectivement, les lauréats à ce concours reçoivent leurs certificats de fin d’études, parchemin pour entamer le cycle suivant. Il en est de même pour l’Examen d’Etat, sanctionné par le diplôme. Alors la question: Quel est l’imprimé de valeur que l’Etat congolais délivre aux «champions» du Tenasosp? Aucun, si ce n’est le bulletin d'élève.
Partant, plus d’un observateur du système éducatif en Rd Congo, juge ce test inutile. D’autres le qualifient de pure «escroquerie» pédagogique. Sans doute, avec raison.
CHOISIR ENTRE L’ENAFEP ET LE TENASOSP
Tout part de la Loi-cadre n°14/004 du 11 février 2014 de l’Enseignement national qui introduit un concept nouveau de l’Education de base.
Au fond, cette loi consacre une réforme scolaire supprimant les anciennes 1ère et 2ème années post-primaires. Depuis, les deux années d’études sont devenues, respectivement, la 7ème et la 8ème années.
Si l’on s’en tient à l’esprit et à la lettre de la Loi-cadre sus-évoquée, le Cycle primaire compte depuis 2015, huit années et non six.
Voilà, une réforme scolaire (de trop?) qui ne résiste à aucune analyse pédagogique sérieuse. Si l’Education de base va jusqu’à la 8ème année, alors pourquoi organiser deux tests prétendument «certificatifs» dans un même cycle?
De deux choses l’une, l’autre c’est le soleil. S’il est établi que le Cycle primaire va jusqu’à la 8ème année, alors rien ne justifie l’organisation de l’Enafep.
De l’avis de nombreux techniciens de la Pédagogie appliquée, l’Enafep devrait concerner les élèves de la huitième année de l’Enseignement de base pour les préparer au niveau secondaire.
Dès lors, d’aucuns pensent que les instances supérieures de l’Education nationale en Rd Congo devraient songer à panser le système actuel de l’Enseignement de base. Entre l’Enafep et le Tenasosp, il y a un choix pédagogique à opérer.
REHABILITER LES CONSEILLERS D’ORIENTATION SCOLAIRE
Les anciens élèves du Zaïre se souviennent encore de la suppression, en 1982, du Cycle d’orientation (CO), naguère sanctionné par un brevet.
Cette suppression faisait partie d’une restructuration plus large de l’Enseignement primaire et secondaire, décidée par l’État.
Le Cycle d’orientation, faut-il le rappeler, fut une période de deux ans dans le système éducatif zaïrois, située après l’enseignement primaire et avant le cycle secondaire.
La décision de supprimer le CO a été prise par l’État sous la référence n° 08/CC/81 du 15 juin 1981.
Cette suppression s’inscrivait dans un processus de réformes plus globales du système éducatif visant à adapter l’enseignement aux besoins de la société et à la diversité des élèves.
Ces réformes visaient notamment à : Aménager des temps de travail en groupes hétérogènes et homogènes dans les classes de 6ème et 5ème. En plus d’adapter les programmes nationaux à la diversité des situations locales, favoriser l’autonomie des établissements et mettre en place un tutorat pour aider les élèves.
C’est, ici, le lieu de souligner que la suppression du Cycle d’orientation avait nécessité une transition pour assurer une continuité dans l’enseignement et faciliter le passage des élèves au cycle secondaire.
Cette tâche revenait aux Conseillers d’orientation scolaire qui suivaient, à la lettre, l’évolution de chaque élève.
Ainsi, ils orientaient les enfants, en fonction de leurs aptitudes intellectuelles. Ceux qui étaient forts dans les cours de sciences, étaient carrément orientés vers les sections scientifiques.
Par contre, les élèves qui obtenaient de très bonnes notes dans les cours de langue, embrassaient soit la section littéraire, soit la Pédagogie générale. Malheureusement, cette fonction de Conseiller d’orientation scolaire n’existe plus dans la plupart des écoles en Rd Congo. Moralité, ce sont, soit les parents qui choisissent l’option à suivre pour leurs enfants qui commencent les humanités, soit ce sont les enfants qui s’auto-orientent.
Cependant, l’expérience renseigne que nombreux sont ceux qui opèrent un très mauvais choix.
Dès lors, l’argument «orientation des élèves», souvent évoqué pour justifier le Tenasosp ne tient nullement la route. Surtout pas dans les écoles privées.
Si le mobile est réellement celui d’orienter les élèves de la huitième année, en fonction de leurs capacités intellectuelles, certains experts estiment alors qu’il ne serait pas mal venu, de supprimer les examens du second semestre pour les huitièmes et les remplacer carrément par le fameux Tenasosp. Sinon, cette épreuve ne profite qu’à ses organisateurs et autres intervenants qui s’en sortent avec quelques billets.
Grevisse KABREL