Dernière minute
Société
Plus de 10 millions de morts. Tel est le bilan macabre établi par le système des Nations unies pour la guerre qui sévit dans l’Est de la République Démocratique du Congo depuis environ trois décennies. Un bilan en constante augmentation, d’autant que, chaque jour, au moins une âme tombe sur le…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, la problématique du mariage précoce chez les jeunes filles demeure une préoccupation majeure pour les acteurs des…
Étranger
Rabat - Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, accompagné de Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan, a présidé, samedi au Palais Royal à Rabat, un Conseil des ministres…
Nation
Écoles doctorales dès la rentrée 2026-2027, autofinancement des universités, réduction de 50 % des frais pour les étudiants vulnérables : la ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire,…
Répondre à l’affront ou capituler
Inutile d’intenter des procès en négationnisme contre l’ambassadeur du Rwanda en RDC. Plus la peine de tirer à boulets rouges sur le chef de la mission diplomatique rwandaise à Kinshasa. Vincent Karega, tel est son nom, ne prend nullement des libertés avec la position officielle de son pays. Il ne joue même pas au fou du roi. Il récite à la perfection la leçon de son maître. En somme, les déclarations ouvertement négationnistes du diplomate rwandais en poste à Kinshasa s’avèrent une copie certifiée, conforme à l’original, que sont les propos du Président Kagamé sur RFI et France 24.
Plus l’once d’un doute. Le Rwanda, par la bouche la plus autorisée qui soit, nie contre toute évidence sa responsabilité dans les massacres des Congolais. Plus qu’un pied de nez, une insulte à la mémoire des millions de morts, fauchés par l’Armée d’occupation rwandaise.
Que faire ? Allonger le mur-déjà long- des lamentations en y ajoutant du » béton armé « ? Se fendre d’un énième plaidoyer auprès d’une certaine communauté internationale dont on connaît sinon la complicité, du moins la complaisance vis-à-vis de Kigali? Ni l’un ni l’autre. Il ne faudrait surtout pas alimenter l’imaginaire défaitiste face à Kigali. Les connaisseurs des arcanes de la deuxième guerre mondiale ont tous en mémoire le « syndrome munichois « .
Le Président Tshisekedi devrait donc, au nom des Congolais, protester fermement contre les propos de son homologue rwandais. Ne pas le faire s’apparenterait au fameux » qui ne dit mot consent « . Pas seulement. L’acceptation par le Rwanda, de sa part dans les crimes dans l’Est de la RDC devrait être érigée en condition sine qua non pour une collaboration entre les deux pays. Autrement, comment faire de Kagamé une solution à l’instabilité dans la partie orientale s’il ne reconnait pas constituer un problème? Il appartient au pouvoir rd congolais de créer un rapport de force susceptible d’amener le Régime rwandais à s’assumer comme partie prenante dans la guerre cyclique qui tire son origine de la déferlante de millions de réfugiés hutus, venus du Rwanda, dans la foulée de la chute du régime d’Habyarimana .
Si Kigali a exigé et obtenu de Paris la reconnaissance de sa responsabilité dans le génocide de 1994, comment en serait-il autrement de la RDC? Pourvu que le leadership congolais change de logiciel en ce qui concerne les relations entre Etats, ait enfin le génie d’utiliser son soft power et de se donner les moyens militaires pour imposer un rapport de forces dans les Grands-lacs.
Or, jusqu’ici la conception « Bisounours« , angélique qui structure l’approche des rapports avec les pays tiers ne permet même pas aux dirigeants d’identifier leurs intérêts vitaux et de les défendre envers et contre tout. Un pays ne vaut que par sa capacité à défendre ses intérêts dans le concert des nations.
José NAWEJ