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REÇU HIER PAR LE PRESIDENT FELIX TSHISEKEDI : Faure Gnassingbé à Kin pour relancer la médiation avec Kigali
À peine désigné médiateur de l’Union africaine dans le conflit sécuritaire opposant la République démocratique du Congo (RDC) au Rwanda, le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé est arrivé hier soir à Kinshasa pour une première rencontre avec son homologue congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, selon une dépêche de la cellule de communication de la présidence.
Arrivé en début de soirée, après une escale diplomatique à Luanda, Faure Gnassingbé a été reçu en tête-à-tête par le chef de l’État congolais pour un entretien d’environ deux heures. Au cœur des échanges : les contours des processus de Luanda et de Nairobi, pierre angulaire des efforts africains pour ramener la paix dans l’Est de la RDC, en proie à des violences persistantes.
Aucune déclaration n’a été faite à l’issue de la rencontre entre le congolais Félix Tshisekedi et son hôte togolais. Toutefois, cette visite éclair entre Luanda, Kinshasa et Lomé marque la reprise officielle du dossier par le médiateur désigné, quatre jours seulement après la confirmation de sa nomination par l’Union africaine.
Selon la présidence angolaise, plutôt dans la journée, le président angolais João Lourenço, prédécesseur de Faure Gnassingbé dans ce rôle de médiation, avait reçu ce dernier dans son bureau à Luanda. Les deux hommes ont échangé sur et les défis sécuritaires toujours d’actualité dans l’est congolais. La question de la paix et de la stabilité régionale a été au cœur de cet échange de haut niveau.
Malgré les multiples efforts diplomatiques menés ces dernières années dans le cadre des processus de Luanda (soutenu par l’Angola) et de Nairobi (soutenu par la Communauté de l’Afrique de l’Est), la situation sur le terrain reste critique. Les violences armées se poursuivent du jour au lendemain dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Et c’est la population civile qui paye le lourd tribut de cette confrontation en toile de fond de la dégradation de la situation humanitaire.
La mission de Faure Gnassingbé s’annonce donc délicate. Si les contours de son mandat n’ont pas encore été officiellement précisés par l’Union africaine, il devra relancer un processus diplomatique largement enlisé. À cette incertitude s’ajoutent des voix critiques dans son propre pays même, qui remettent en cause la légitimité de sa nomination, estimant qu’elle pourrait «porter atteinte aux principes fondateurs de l’Union africaine», notamment en raison de la gouvernance contestée du président togolais.
Christian-Timothée MAMPUYA