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RDC : pourquoi les politiciens ne se mettent pas toujours d'accord ?
Suite au doute qui plane sur le dialogue national inclusif, plusieurs Congolais commencent à perdre espoir et se posent la question de savoir pourquoi, depuis l'accession de la RDC à la souveraineté nationale et internationale, les politiciens ne se mettent pas toujours d'accord lorsqu'il s'agit des grandes questions sur l'avenir du pays. Même pour les dossiers qui ne demandent pas beaucoup d'efforts pour trouver des compromis, en RDC il faut que le sang humain coule et qu'il y ait des morts. C'est très regrettable pour une population condamnée à vivre ensemble et dans la paix.
À l'heure actuelle, des jours qui viennent s'annoncent chauds à cause de l'opposition entre l'Union sacrée pour la nation (USN) et la Coalition 64 (C64) concernant la Constitution que la famille politique présidentielle veut changer, mais changement auquel est opposée la C64. Pourtant, si les uns et les autres mettent un peu d'eau dans leur vin, les deux camps peuvent éviter au pays des tribulations inutiles.
Pour rappel, il sied d'indiquer qu'à différentes périodes, des conférences, des dialogues et des assises de tous genres ont été organisés pour trouver des solutions afin de mettre fin aux divergences qui divisent les camps opposés. De la conférence constitutionnelle de Luluabourg, aujourd'hui Kananga, au dialogue intercongolais de Sun City, en passant par la conférence de Lovanium et la Conférence nationale souveraine (CNS), le pays ne fait que tourner en rond. Et pour cause : le manque de sincérité et de confiance entre les protagonistes.
LE NATIONALISME : SLOGAN CREUX
Il faut souligner que toutes ces assises susmentionnées se sont toujours soldées par des résolutions et des recommandations susceptibles de mettre fin aux conflits qui déchirent la nation. Malheureusement, comme ci-haut indiqué, l'ego des uns et des autres a toujours pris le dessus sur les intérêts de la population. C'est ce qui justifie le fait que le pays descend de plus en plus aux enfers. La preuve est que la RDC qui était en 1960 au même diapason que le Canada est reléguée aujourd'hui.
Dès le lendemain de l'indépendance, le pays a été divisé en deux factions : celle dite des nationalistes et l'autre taxée proche des colons. Cet antagonisme a conduit à l'implosion qu'on a qualifiée de « congolisation ». Il s'en est suivi des rébellions dont l'une a provoqué la mort d'un Secrétaire général de l'ONU, le Suédois Dag Hammarskjöld, décédé dans un crash d'avion le 18 septembre 1961.
Après le coup d'État militaire de Joseph Mobutu le 24 novembre 1965, il a instauré une dictature militaire qui a donné un semblant de paix au pays. Mais cela n'a été qu'un feu de paille parce qu'au fond le mécontentement bouillonnait jusqu'au moment où les treize parlementaires ont pris leur courage pour défier le dictateur.
Grâce à la perestroïka insufflée par Michael Gorbatchev, l'ex-Zaïre a connu la mouvance des conférences nationales souveraines. Mais en RDC, ces assises se sont soldées par un échec qui a poussé Laurent-Désiré Kabila à s'associer à ceux qu'il a qualifiés lui-même de conglomérat d'aventuriers sous la dénomination d'Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL). Pour certains analystes, l'instabilité actuelle dans l'Est du pays est partie de cette aventure.
Mais, au lieu de tirer la leçon de tout ce passé macabre, nos politiciens veulent de nouveau s'engouffrer dans des tumultes aux conséquences incalculables.
Le souhait des Congolais est de vivre en paix dans les conditions de vie décentes. Que les politiciens tiennent compte de ces desiderata pour une harmonie entre eux et ceux pour qui ils prétendent travailler.
Muke MUKE