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RDC: Plusieurs projets et programmes sans impact réel pour les populations
Après l´Assemblée nationale, le Sénat a ratifié la semaine dernière, en seconde lecture, huit lois de ratification portant sur des accords de financement pour un montant de près de 2 milliards de dollars américains. Selon le ministre des Finances, Doudou Mwamba, qui a défendu ces projets de loi, ces fonds seront affectés à plusieurs secteurs-clés du développement, dans des domaines aussi variés que l´énergie, l´eau potable, les infrastructures, ...
À ce propos, il importe de rappeler qu´il y a quelques années, lors d´une conférence de presse tenue dans le cabinet du ministre de l´Agriculture et du Développement rural, en sa présence, un ancien Directeur général de la FAO a affirmé, haut et fort, que la République démocratique du Congo et d´autres pays africains ne se développeront jamais grâce aux projets/programmes.
Cette déclaration est d´autant plus vraie que si, aujourd'hui, une évaluation sérieuse est faite sur tous les projets et programmes mis en œuvre par la RDC, l´on arrivera à un bilan vraiment catastrophique. Hormis quelques rares exceptions, pratiquement tous ces projets et programmes n´ont été que des éléphants blancs.
Comme dans tous les secteurs de la vie nationale, il y a un problème sérieux de gestion qui se pose avec acuité dans toutes ces structures. Plus de 60 % des fonds sont utilisés pour des missions de service des dirigeants desdits projets et programmes.
En conséquence, ils se la coulent douce, sa tapent des immeubles haut-standing et mènent une vie de pacha au détriment des populations pour lesquelles l´Etat s´est endetté.
RenDRE l´administration plus perfermante
À entendre l´ancien DG de la FAO,, la RDC devrait rendre son administration plus performante pour espérer atteindre un degré élevé de développement.
Pour ce, les fonds issus de l´endettement ne serviraient plus à créer des projets et programmes, qui ont une durée limitée dans le temps et l´espace, mais seraient affectés aux directions et services des ministères qui disposent d´un personnel payé par l´Etat.
Au lieu qu´ils tournent sans cesse les pouces ou fassent l´école buissonnière régulièrement, il serait mieux de les utiliser de manière rationnelle en leur attribuant des tâches pour lesquelles ils ont été recrutés. La solution consiste à éviter de multiplier des projets qui disparaissent à la fin de leur existence alors que l´administration traditionnelle est plus que permanente.
Contrairement aux propos du ministre des Finances selon lesquels : " il ne s´agit pas d´endettement aveugle, mais d´un investissement ciblé dans notre souveraineté économique", affirmant que ces emprunts visent des retombées durables et inclusives. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre.
C´est pourquoi, la responsabilité des parlementaires dans la ratification des accords est plus que capitale. Avant de donner leur quitus, ils doivent s´entourer de toutes les garanties possibles pour s´assurer que les projets/programmes qu´ils avalisent ont réellement un impact visible et durable dans le vécu quotidien des Congolais. S´ils ne changent pas de fusil d´épaule en vue de mettre en place une nouvelle politique de développement, il est fort possible que la RDC n´entre même pas dans le concert des nations émergentes.
Muke MUKE