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RDC : Les frais académiques réduits de 50% pour les personnes vivants avec handicap
* Au Kasaï-Central, Handisport demande la matérialisation de cette décision
Le coordonnateur de l'Handisport, une structure dédiée à l'encadrement des personnes vivant avec un handicap au Kasaï-Central, a vivement salué l'arrêté interministériel récemment signé par Irène Esambo Diata, ministre déléguée chargée des Personnes vulnérables. Cette mesure, qui prévoit une réduction de 50 % des frais académiques pour les étudiants en situation de handicap, représente une avancée majeure en faveur de l'inclusion éducative en République démocratique du Congo (RDC), indique-t-il.
Dans un entretien accordé à notre rédaction, Charles Ndibu, coordonnateur provincial de l'Handisport, a exprimé sa satisfaction quant à la signature de cet arrêté, tout en insistant sur la nécessité de son application effective sur le terrain. " Cette décision est une lueur d'espoir pour les personnes handicapées, souvent marginalisées dans l'accès à l'éducation. Nous saluons l'engagement du gouvernement, mais nous appelons à une mise en œuvre concrète dans toutes les institutions académiques ", a-t-il déclaré.
L'arrêté en question, cosigné par les ministres de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU) et celui des Personnes vivant avec handicap et Autres personnes vulnérables (PVH-APV), a été adopté à l'issue d'une réunion tenue à Kinshasa le 2 juin dernier. Il s'inscrit dans le cadre des efforts visant à faciliter l'accès à l'éducation supérieure pour les personnes en situation de handicap, conformément aux principes d'égalité et d'équité prônés par la Constitution congolaise et les conventions internationales ratifiées par la RDC.
UN PLAIDOYER POUR DES AMÉNAGEMENTS RAISONNABLES
Au-delà de la réduction des frais, Charles Ndibu a souligné l'importance de mettre en place des aménagements raisonnables pour garantir un environnement éducatif inclusif. " La baisse des coûts est une excellente initiative, mais elle doit s'accompagner de mesures d'accessibilité : infrastructures adaptées, supports pédagogiques spécifiques, et une sensibilisation du corps enseignant aux besoins des étudiants handicapés ", a-t-il expliqué.
Ces recommandations rejoignent les préoccupations exprimées par plusieurs associations de défense des droits des personnes handicapées, qui réclament une politique éducative plus inclusive. En effet, malgré les progrès législatifs, de nombreux établissements universitaires ne disposent pas encore des équipements nécessaires pour accueillir dignement cette catégorie d'étudiants.
UN DÉFI DE MISE EN ŒUVRE À RELEVER
Si l'arrêté interministériel constitue une avancée notable, sa concrétisation sur le terrain reste un défi. Plusieurs acteurs locaux s'interrogent sur les mécanismes de suivi et de contrôle qui seront mis en place pour s'assurer que les universités et instituts supérieurs appliquent effectivement cette mesure.
Par ailleurs, des questions subsistent quant à l'extension de cette politique aux niveaux primaire et secondaire, où les frais de scolarité et les barrières physiques constituent encore des obstacles majeurs pour les enfants handicapés.
Les défenseurs des droits des personnes handicapées espèrent que cette initiative sera le point de départ d'une réforme plus globale en faveur de l'inclusion. " Nous encourageons le gouvernement à étendre ces mesures à d'autres secteurs, tels que l'emploi et la santé, afin d'offrir aux personnes handicapées une réelle opportunité de s'épanouir ", a conclu Charles Ndibu.
Félix Mulumba Kalemba