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Quand l’Afrique fera confiance à l’Afrique…
Journée de l’Afrique. Rien de neuf. Discours de circonstance. Un rituel immuable chaque 25 mai. D’année en année, l’Afrique postindépendance prend un coup de vieux. Grandit-elle pour autant ? Rien n’est moins sûr. Car, on peut vieillir sans grandir.
De fait, près de 60 ans après la création de l’OUA, ancêtre de l’UA, l’Afrique peine à exister par elle-même. Incarnation du Continent, l’Union africaine continue d’être financée en grande partie par l’extérieur. Or, c’est archiconnu, la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit. Et qui paye contrôle.
Comment peser dans le concert des nations si pour fonctionner comme organisation , on est obligé de tendre la main ? Comment ne pas être perçue autrement que comme un vaste cas humanitaire si à la moindre crise, on a les yeux tournés vers l’Occident ou l’Orient sans chercher à mutualiser d’abord ses propres moyens ?
La toute récente conférence de Paris sur le financement des économies africaines post-Covid-19 illustre cette extraversion de l’Afrique. Pour une rencontre, archétype de foire aux promesses, des dignitaires africains se sont déplacés en masse.
Au fond , l’Union africaine est à l’image de la plupart de ses sociétaires . Nombre de pays du Continent n’ont toujours pas coupé le cordon ombilical qui les lie aux ex-puissances coloniales. Cette extraversion se fait au détriment de la consolidation des relations entre pays africains.
Malgré quantité d’initiatives…verbales sur l’intégration de différentes sous-région du Continent, les échanges intra-africains sont encore insignifiants. Psychanalysé ou presque par Frantz Fanon notamment dans » Peau noire, masques blancs » le complexe du colonisé empêche le col…blanc africain de croire en l’Afrique. Or, comme pour paraphraser la prophétie d’Alain Peyrefitte sur la Chine, quand l’Afrique fera confiance à l’ Afrique, le Continent se relèvera . Il pourra ainsi écrire sa propre histoire comme l’avait annoncé Patrice Emery Lumumba, héraut et héros de l’indépendance africaine.
Dans cette grisaille, une éclaircie avec le Roi Mohammed VI. Le Souverain marocain est l’un des rares dirigeants africains à décliner la coopération sud-sud sur le terrain. Son credo ? L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique. Un exemple à suivre.
José NAWEJ