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ONU : Washington appelle à sanctionner les "saboteurs" du processus de paix en RDC
Le Conseil de sécurité des Nations-Unies s'est réuni, le vendredi 22 août, à la demande des États-Unis, pour examiner la situation sécuritaire en République démocratique du Congo, à la suite d'une série de rapports alarmants d'Amnesty International et de Human Rights Watch. Ces organisations ont dénoncé de graves exactions commises dans l'est du pays, en particulier par la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda, dans le territoire de Rutshuru et d'autres zones du Nord-Kivu.
Intervenant au Conseil, Dorothy Camille Shea, représentante permanente des États-Unis à l'ONU, a fermement condamné ces violences, qu'elle a qualifiées " d'effroyables ".
" Les États-Unis ont convoqué cette réunion en raison d'une recrudescence alarmante de la violence dans l'est de la RDC, qui a fait de nombreux morts parmi les civils. Ces attaques sont contraires à l'esprit et à la lettre de l'accord de paix bilatéral entre la RDC et le Rwanda, ainsi qu'à la déclaration de principes RDC-M23 ", a déclaré la diplomate. Aux dires de Dorohy Camille Shea, son pays " condamne avec la plus grande fermeté " les massacres commis par le M23, avec l'appui de Kigali.
Washington affirme disposer d'informations confirmant la présence d'éléments des Forces de défense rwandaises aux côtés des combattants du M23, notamment autour de Mulamba, dans le Sud-Kivu, début août. La diplomate a, à cet effet, exprimé des préoccupations quant aux violences attribuées à certains groupes armés pro-gouvernementaux, soutenus par des membres des FARDC.
LES ONG SONNENT L'ALARME
Les propos de Mme Shea interviennent après une série d'alertes internationales. Amnesty International a récemment dénoncé les exécutions sommaires, viols collectifs et attaques contre des hôpitaux perpétrés aussi bien par le M23/AFC que par les milices wazalendo, soutenant le gouvernement congolais.
Human Rights Watch, de son côté, a accusé la rébellion d'avoir massacré plus de 140 civils en juillet près du parc des Virunga.
Ces crimes de masse surviennent moins de deux mois après la signature, le 27 juin à Washington, d'un accord de paix entre Kinshasa et Kigali, sous médiation américaine, ainsi qu'une déclaration de principes signée à Doha avec le M23, censée instaurer un cessez-le-feu permanent.
APPEL A DES SANCTIONS CONTRE LES " SABOTEURS "
Devant le Conseil de sécurité, Dorothy Camille Shea a haussé le ton au nom de l'administration Trump, appelant les Nations-Unies à sanctionner les acteurs qui compromettent les efforts de paix.
" Les États-Unis demanderont des comptes aux saboteurs de la paix, et nous appelons les membres du Conseil à faire de même. L'accord de paix et la Déclaration de principes sont publics. Cela vise à garantir que les populations de la région puissent envisager une voie vers la paix et la prospérité, et à assurer que toutes les parties respectent leurs obligations et engagements ", a-t-elle martelé.
Washington a déjà donné le ton en imposant, le 12 août, des sanctions ciblées contre quatre entités accusées de financer et de tirer profit des minerais de conflit dans l'est de la RDC. Pour la diplomate américaine, ces mesures doivent servir d'exemple et inciter toutes les parties à respecter leurs engagements.
Accords de Washington et de Doha
Mme Shea a salué la tenue, le 7 août, de la première réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité de l'Union africaine, qui a lancé le plan de neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Elle prévoit le retrait progressif des troupes rwandaises de la RDC. Elle a exhorté Kinshasa et Kigali à respecter strictement le calendrier fixé par l'accord de paix du 27 juin et a appelé les négociateurs de Doha à accélérer les discussions avec le M23.
" La poursuite des hostilités sur le terrain met en mal les efforts de médiation et aggrave une situation sécuritaire déjà précaire ", a averti la représentante américaine, insistant sur la nécessité de traduire les engagements en actes.
Une paix toujours fragile
Malgré la signature des accords de Washington et de Doha, le climat demeure inquiétant. Sur le terrain, les Forces armées de la RDC et la rébellion M23 s'accusent mutuellement de violations répétées du cessez-le-feu. Le nouveau round de négociations prévu à Doha doit se concentrer sur la mise en œuvre des mesures de confiance, mais la méfiance reste vive.
Pour Washington, le temps presse. " Les populations de l'est de la RDC ne peuvent plus attendre. La communauté internationale a le devoir moral de protéger les civils et de soutenir les accords conclus ", a conclu Mme Shea.
La diplomatie américaine entend ainsi maintenir la pression sur toutes les parties impliquées dans le conflit, y compris Kigali et les groupes armés pro-gouvernementaux, afin de sauver un processus de paix fragilisé par la violence persistante.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO