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Nord-Kivu : Ocha alerte sur l'insécurité alimentaire de plus de 4 millions des personnes
La province du Nord-Kivu, dans l'Est de la RDC, traverse une crise sécuritaire et humanitaire persistante, marquée par une intensification des affrontements armés et de nouvelles vagues de déplacements forcés. Le mois de juin 2025 a été particulièrement éprouvant, notamment dans les territoires de Rutshuru, Masisi, Lubero, Walikale et Beni, où des combats ont chassé des milliers de personnes de leurs habitations.
À ces déplacements s'ajoute une insécurité alimentaire critique affectant plus de 4 millions de personnes, selon les derniers chiffres de l'analyse IPC. Face à cette urgence humanitaire multidimensionnelle, les acteurs humanitaires, coordonnés par le bureau es Nations unies pour des affaires humanitaires (Ocha), redoublent d'efforts pour apporter une assistance vitale malgré un environnement opérationnel de plus en plus complexe.
Dans le territoire de Rutshuru, les combats intenses entre groupes armés ont déplacé plus de 3 600 personnes au début du mois, alors que l'accès aux champs reste limité, aggravant la situation alimentaire. À Masisi, des affrontements répétés ont entraîné la fuite de centaines de familles, perturbé le trafic routier et restreint l'accès humanitaire. À Lubero, les attaques des groupes armés, notamment les présumés ADF, ont fait 35 morts dans deux sites miniers et provoqué l'exode de plus de 1 300 ménages.
À Walikale, des violences ont conduit à l'incendie de maisons et à l'interruption de distributions humanitaires, tandis qu'à Goma et Nyiragongo, une criminalité urbaine persistante et une flambée de Mpox aggravent la vulnérabilité des populations.
Malgré ce contexte tendu, les partenaires humanitaires ont maintenu leur présence. Près de 56 000 personnes ont bénéficié d'une aide alimentaire dans plusieurs zones de santé. Plus de 46 800 déplacés et retournés ont eu accès à des soins gratuits, et 3 200 enfants atteints de malnutrition aiguë sévère ont été pris en charge.
CRIMINALITE URBAINE ET FLAMBEE DE MPOX A GOMA ET A NYIRAGONGO
Sur le plan de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement, plus de 21 sources ont été réhabilitées, 523 latrines construites et des milliers de kits EHA distribués. Des interventions ont aussi été menées pour sensibiliser les communautés aux bonnes pratiques sanitaires et nutritionnelles, notamment en milieu scolaire.
La protection de l'enfance a également occupé une place importante : 322 enfants non accompagnés ont été réinsérés dans leurs familles et plus de 8 000 enfants ont reçu un soutien psychosocial. Dans le domaine éducatif, 8 500 kits scolaires et 680 kits de dignité ont été distribués à Masisi, tandis qu'un appui à la formation professionnelle a bénéficié à 150 jeunes vulnérables à Nyiragongo. Par ailleurs, l'assistance aux survivantes de violences sexuelles a permis de fournir des soins médicaux et un accompagnement psychosocial à près de 600 femmes.
Enfin, la visite du Coordonnateur des secours d'urgence de l'Onu, Tom Fletcher, en juin, a mis en avant les besoins persistants des populations et le rôle crucial de la coordination humanitaire.
Alors que l'insécurité perdure, le rapport appelle à un renforcement du soutien international pour éviter l'aggravation de la crise humanitaire au Nord-Kivu.
Pascal NDUYIRI, au Nord-Kivu