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MINISTERE DE LA PECHE ET ÉLEVAGE : Attendus depuis fin 2024, les bateaux de pêche toujours introuvables !
Trois mois après, les bateaux de pêche promis par le gouvernement traînent toujours sur la mer. Dans son discours sur l’état de la nation devant les deux chambres législatives réunies en congrès au Palais du peuple, le 11 décembre 2024, le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi avait annoncé l’arrivée à Kinshasa de huit navires industriels de pêche avant la fin de l’année 2024. L’objectif du projet était d’inonder le marché de la capitale des poissons sortis des eaux de la RDC. Malheureusement, plus de trois mois après aucun bateau de pêche n’a accosté à Kinshasa.
Qui a fait dire à la plus haute autorité du pays une information aussi fausse ? D’ailleurs, il ne s’agit pas de huit navires, mais de trois bateaux de 27 m et de cinq pirogues motorisées à embarquer dans lesdits navires. Les trois navires portent le nom de Lumumba, Kimbangu et Étienne Tshisekedi. Bien avant le discours du chef de l’État, il y a eu des sources qui avaient annoncé l’arrivée de ces engins au mois d’octobre 2024 après une mission des experts maritimes en Égypte. Il s’est avéré que cette nouvelle était dénuée de tout fondement.
Faute d’information crédible et digne de foi sur la situation de ces navires industriels de pêche commandés par la RDC, nous ne pouvons pas nous hasarder de fixer l’opinion à ce sujet. La seule réalité que nous connaissons est qu’il n’y a aucun chalutier qui a amarré au bord d’un port en provenance d’Égypte.
Cette situation soulève la question sur la création du ministère de la Pêche et élevage qui était une branche du ministère de l’Agriculture. Depuis sa création jusqu’à ce jour, ledit ministère est buté au problème des infrastructures. La pléthore d’agents qui y ont été recrutés et affectés ne disposent pas de cadre approprié de travail. Ils sont confinés dans quelques locaux sans mobiliers adéquats. Curieusement, certains d’entr’eux touchent des primes de loin plus consistantes que les salaires, alors qu’ils ne rendent aucun service concret à l’État congolais.
En principe, le secteur de la pêche, s’il était bien exploité, aurait dû éviter au Trésor public des dépenses inutiles qui sont allouées aujourd’hui à l’importation des vivres frais dont le chinchard. À ce propos, un rapport de la FAO qui date d’il y a quelques années indique que la RDC dépense annuellement plus ou moins un milliard de dollars américains pour l’importation des vivres frais. Ceux-ci, lorsqu’ils arrivent à Kinshasa, après des mois de voyage perdent toute leur valeur nutritive. Ce que les Congolais consomment ne sert qu’à gonfler le ventre sans impact réel sur leur santé. Cependant, il y a différentes espèces halieutiques qui meurent de vieillesse dans nos différentes sources d’eau parce qu’elles ne sont pas pêchées et consommées.
Sur le plan socio-économique, il sied de souligner que si le secteur de la pêche est exploité rationnellement, il peut constituer une source importante de recettes publiques et de création d’emplois susceptible de résorber une grande partie de cette armée de chômeurs qui pullulent le pays.
À l’heure des consultations amorcées par le conseiller spécial du président de la République chargé de la sécurité, ceux qui sont contactés devraient soulever des questions allant dans le sens de la fusion de certains ministères qui ont été créés pour simplement justifier la présence de certains fidèles dans le gouvernement. Pourtant, les fonds qui servent à rémunérer les chômeurs déguisés, auraient dû servir à redynamiser un secteur aussi capital que la pêche.
Muke MUKE