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Menaces contre les fidèles catholiques : le CALCC appelle à l'unité nationale
À travers un communiqué publié le samedi 15 février, le Conseil d'Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo (CALCC) alerte sur d'éventuelles représailles sanglantes contre les chrétiens catholiques, à l'instar des tragiques événements du 16 février 1992, soit 33 ans plus tôt.
"Le 16 février est une date sacrée dans la mémoire collective des chrétiens et du peuple congolais. C'est le jour du massacre des fidèles qui réclamaient la reprise des travaux de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) en 1992. Les chrétiens ont le devoir de garder une pensée pieuse en mémoire de leurs frères et sœurs tombés pour la patrie. Il est inacceptable que les offices religieux soient troublés ce jour-là, ni ce jour ni aucun autre", a déclaré Jean Bosco Lalo, président national du CALCC.
Une date marquée par l'histoire
Le 16 février 1992, des milliers de Kinois avaient répondu à l'appel d'une association catholique laïque pour une marche pacifique baptisée "Marche de l'Espoir". Leur objectif : exiger la réouverture de la CNS, suspendue le 19 janvier de la même année par le Premier ministre Nguz-a-Karl-i-Bond. Cette manifestation pacifique s'était malheureusement soldée par un bain de sang, marquant profondément la mémoire nationale.
Face à la diffusion de tracts incitant au sabotage des églises catholiques et protestantes hier dimanche 16 février à Kinshasa, le bureau national du CALCC exhorte les autorités à garantir la liberté de culte, en conformité avec les dispositions légales en vigueur. Il demande également aux forces de sécurité de prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger ces lieux de prière et d'éviter toute escalade de violence.
Dans cette perspective, le CALCC appelle la population à un moment de prière et de recueillement en mémoire des victimes du 16 février 1992, ainsi que de toutes les victimes des violences et agressions qui frappent la RDC depuis plus de trois décennies.
Un plaidoyer pour la paix et la cohésion nationale
Tout en réaffirmant son engagement en faveur de la paix, de la justice et de la cohésion nationale, le CALCC exhorte l'ensemble des acteurs de la société congolaise à privilégier le dialogue et la fraternité, seul gage d'un avenir commun fondé sur le respect des droits et des libertés fondamentales.
"Notre pays est menacé de disparition. Plutôt que de nous diviser, restons unis en soutenant les initiatives de nos Pères spirituels. Tout autre comportement ne ferait que servir les intérêts de l'ennemi. Nous appelons particulièrement le Chef de l'État ainsi que les dirigeants et hauts cadres de l'UDPS à mesurer la gravité du danger qui plane sur la nation et à éviter, dans leur communication, des discours susceptibles d'affaiblir davantage la cohésion nationale", peut-on lire dans le communiqué.
Une consultation nationale et internationale en cours
Ces tensions interviennent alors que la CENCO et l'ECC poursuivent une consultation nationale et internationale en vue de l'adoption d'un Pacte national pour le Bien-vivre ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs. Dans ce cadre, elles ont rencontré les principaux acteurs politiques et institutionnels du pays, notamment le président de la République, les chefs des institutions, ainsi que des figures de l'opposition telles que Martin Fayulu, Sessanga et des représentants du FCC.
Par ailleurs, ces consultations ont également inclus des discussions avec les leaders du groupe rebelle AFC/M23, parmi lesquels Corneille Nangaa, ainsi qu'avec le président rwandais Paul Kagame, accusé de soutenir la crise sécuritaire qui frappe l'Est de la RDC.
Sécurité renforcée à Kinshasa
En réponse aux menaces pesant sur les lieux de culte, l'Hôtel de Ville de Kinshasa et la Police nationale congolaise ont assuré aux fidèles des églises catholiques et protestantes que des mesures sécuritaires maximales seront mises en place ce dimanche 16 février afin de garantir la sérénité des offices religieux et d'éviter tout débordement.
Ainsi, dans un climat marqué par des tensions et des craintes de violences, les autorités et les acteurs religieux appellent à la responsabilité et à la préservation du vivre-ensemble, dans l'espoir d'un avenir apaisé pour la nation congolaise.
Jérémie ASOKO