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Mbuji-Mayi: la coupure prolongée d'électricité préjudicie l'économie locale
La ville de Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental, traverse, depuis une semaine, une grande crise énergétique, plongeant ses habitants et ses activités économiques dans une situation critique. Une coupure prolongée d'électricité, dont les causes ont longtemps été mystérieuses, a gravement perturbé le quotidien des habitants, affecté les commerces locaux, et mis à mal les services essentiels, notamment les médias et les bureautiques. Cette situation, qualifiée par certains de "plongée dans le noir de l'enfer", a suscité des inquiétudes croissantes quant à ses répercussions économiques et sociales.
Les commerçants de Mbuji-Mayi, en particulier ceux spécialisés dans la vente de produits frais, sont parmi les plus touchés par cette crise. Sans électricité, la conservation des denrées périssables devient un défi de taille, exposant les marchandises à un risque élevé d'avarie. Les tenanciers de kiosques et les petites entreprises ont également vu leur clientèle diminuer de manière significative, les habitants préférant limiter leurs déplacements en l'absence d'éclairage public et de services de base fonctionnels. Les chaînes de télévision et les stations de radio locales, dépendant de l'électricité pour diffuser leurs programmes, ont été contraintes de réduire leurs activités, privant ainsi la population d'informations cruciales en ces temps difficiles.
Face à cette situation, certains commerçants ont tenté de trouver des solutions alternatives pour limiter les pertes. L'énergie solaire, bien que coûteuse, est devenue une option privilégiée pour ceux qui peuvent se le permettre. D'autres ont recours à des groupes électrogènes, bien que ces solutions restent insuffisantes pour répondre à l'ampleur de la crise. Pour les entreprises incapables de mettre en place de telles alternatives, la seule issue a été de suspendre temporairement leurs activités, entraînant des pertes financières considérables et une perturbation généralisée de l'économie locale.
Des causes longtemps mystérieuses
Pendant plusieurs jours, les causes de cette coupure prolongée sont restées floues, alimentant les spéculations et les rumeurs parmi la population. Certains habitants ont pointé du doigt l'arrêt de la production à la Société Anhui Congo d'Investissement Minier (SACIM), une entreprise clé dans la province, tandis que d'autres ont évoqué des problèmes techniques au sein de la Société nationale d'électricité (SNEL). Ces incertitudes ont exacerbé la frustration des citoyens, déjà confrontés à des conditions de vie difficiles.
Une collaboration pour rétablir le courant
Ce n'est que le lundi 17 mars 2025 que la SNEL/Kasaï-Oriental a rompu le silence en publiant un communiqué officiel. Dans ce document, l'entreprise publique a présenté ses excuses à la population pour les désagréments causés par cette interruption prolongée de l'électricité. Elle a expliqué que la coupure était due à des "perturbations survenues sur la ligne de transport entre la sous-station de Tshibwe et celle de PMKO". Ces perturbations auraient été aggravées par un déséquilibre du réseau thermique, lui-même intensifié par l'arrêt de la production minière dans les usines de la SACIM.
Face à l'urgence de la situation, la SNEL et la SACIM ont convenu de mutualiser leurs efforts pour rétablir l'électricité dans la province. Dès le mardi 18 mars, des équipes techniques de la SNEL ont été déployées à la centrale hydroélectrique de Tubi Tubidi, où elles ont effectué des travaux de réajustement de la tension du courant. Ces interventions ont permis de rétablir partiellement l'électricité dans les territoires de Miabi et Kabeya Kamwanga, offrant un semblant de soulagement à certaines localités.
Cependant, la situation reste précaire à Mbuji-Mayi, où les habitants continuent de subir les conséquences de cette crise énergétique. Les autorités locales et les représentants de la SNEL ont assuré que des efforts supplémentaires seraient déployés pour résoudre définitivement le problème et éviter que de telles coupures ne se reproduisent à l'avenir.
En attendant un retour à la normale, les habitants de Mbuji-Mayi expriment leur frustration et leur inquiétude. La rareté du courant électrique a non seulement perturbé leurs activités quotidiennes, mais a également suscité des interrogations sur la gestion des infrastructures énergétiques dans la région. Beaucoup espèrent que cette crise servira de catalyseur pour des investissements accrus dans le secteur de l'énergie, afin de garantir une fourniture stable et fiable d'électricité à l'avenir. Dans l'immédiat, les commerçants et les ménages continuent de chercher des solutions de fortune pour faire face à cette situation exceptionnelle.
Félix Mulumba