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Marche du 12 juin : les enquêtes judiciaires s’accélèrent
*De nouvelles auditions attendues au parquet général.
Plus d'un mois après les incidents qui ont émaillé la marche de l'opposition du 12 juin, la justice intensifie ses investigations. À la suite des bilans divergents publiés par plusieurs acteurs politiques, organisations de la société civile et confessions religieuses, le parquet général près la Cour de cassation poursuit la collecte de témoignages afin de faire toute la lumière sur les violences signalées et d'établir les responsabilités de chacun.
Cette procédure fait suite à l’injonction adressée par le ministre d’État, en charge de la Justice et Garde des Sceaux, au procureur général près la Cour de cassation. Le ministre avait demandé l’ouverture d’une enquête après la multiplication de déclarations publiques imputant à l’État la responsabilité des événements survenus lors de cette manifestation organisée par l’opposition.
Au lendemain de la marche, plusieurs leaders de l’opposition, rejoints par des organisations de la société civile et des responsables de confessions religieuses, avaient dressé un bilan particulièrement préoccupant.
Ils avaient fait état de plusieurs morts, de nombreuses arrestations, de personnes portées disparues ainsi que d’incendies et d’importants dégâts matériels.
Certaines de ces prises de position évoquaient également une implication présumée de membres de la Force du progrès dans les violences ayant accompagné la manifestation.
Face à ces accusations, largement relayées dans l’espace public, les autorités judiciaires ont estimé nécessaire d’ouvrir une information afin de confronter les différentes versions des faits.
L’objectif affiché est de recueillir les éléments de preuve disponibles, d’entendre les auteurs de ces déclarations et de vérifier la crédibilité des informations avancées avant toute conclusion judiciaire.
Selon cette démarche, toute personne ayant publiquement affirmé détenir des informations sur les incidents ou ayant formulé des accusations susceptibles d’éclairer l’enquête pourrait être invitée à comparaître devant le parquet général.
Les auditions visent à permettre aux magistrats de disposer de témoignages directs, de documents, d’images, de vidéos ou de tout autre élément susceptible de contribuer à la manifestation de la vérité.
OLENGHANKOY PARMI LES PREMIÈRES PERSONNALITÉS ENTENDUES
C’est dans ce contexte que Joseph Olenghankoy figure parmi les premières personnalités entendues par le parquet général. Son audition s’inscrit dans une série de consultations destinées à recouper les informations rendues publiques depuis les événements du 12 juin.
D’autres responsables politiques, représentants d’organisations citoyennes, responsables religieux ou témoins pourraient également être convoqués au fur et à mesure de l’évolution de l’enquête.
Au-delà de la recherche d’éventuelles responsabilités pénales, cette procédure judiciaire constitue également un test pour la crédibilité des institutions appelées à faire la lumière sur un dossier ayant suscité une vive controverse au sein de l’opinion publique.
Les magistrats devront notamment établir les circonstances exactes des violences, identifier leurs auteurs éventuels, vérifier les différents bilans annoncés et déterminer si les accusations formulées publiquement reposent sur des faits suffisamment étayés.
Les investigations devraient ainsi permettre de distinguer les informations confirmées des affirmations qui n’auraient pas été corroborées par des preuves. Les conclusions de l’enquête sont attendues pour apporter des réponses aux nombreuses interrogations soulevées depuis cette manifestation et fixer, le cas échéant, les responsabilités conformément aux dispositions de la loi.
Jérémie ASOKO