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L’’entourage de Kabila confirme sa présence à Goma, sans image ni activité officielle
*Selon Shadary, JKK est dans cette ville pour «dialoguer avec ceux qui ont les armes».
L’ancien président de la République serait arrivé dans le chef-lieu du Nord-Kivu dans la nuit du dimanche 26 mai, selon plusieurs sources de son entourage et des sources concordantes. À l’heure actuelle, aucune image, pas de déclaration publique, mais une certitude qui gagne du terrain : Kabila est là.
Il avait promis ce retour. Le 23 mai, dans un discours diffusé depuis l’Afrique australe où il s’était installé depuis plus d’un an, il avait annoncé vouloir se rendre «officiellement» dans l’est du pays. Il n’avait donné ni la date ni le programme. Seulement cette phrase : «Il y a quelques jours, en effet, à la suite d'une simple rumeur de la rue ou des réseaux sociaux, sur ma prétendue présence à Goma, où je vais me rendre dans les prochains jours, comme annoncé par ailleurs, le régime en place à Kinshasa a pris des décisions arbitraires avec une légèreté déconcertante», a-t-il déclaré dans un discours public.
Selon ses proches, le voyage s’est fait par étapes, à l’abri des regards. Après avoir quitté son lieu de résidence tenu secret, il serait passé par un pays d’Afrique de l’Est, avant de rejoindre Kigali. Puis, par la route, il aurait franchi la frontière rwandaise, arrivant à Goma via Gisenyi. D’après RFI, il est entré dans la ville peu après minuit, accueilli par Corneille Nangaa, le leader du mouvement AFC, allié notoire du M23.
Kabila revient pour contribuer à la paix
Officiellement, l’ancien chef de l’État serait venu pour dialoguer, pour «contribuer à la paix», comme le soutient Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD. «Il est là pour discuter avec ceux qui ont les armes, comme les évêques l’ont fait. L’approche doit être globale», a-t-il déclaré sur RFI.
Et d’ajouter, dans un ton un peu évasif: «On est fatigué d’entendre les mêmes accusations. Kabila est Rwandais, Kabila est ceci ou cela… Il est parmi les acteurs majeurs de ce pays, il connaît tous les acteurs et les enjeux.»
Aucune activité officielle n’a encore été communiquée. Aucune apparition publique n’a été enregistrée. Pourtant, l’inquiétude monte à Kinshasa, où les autorités observent avec une méfiance croissante les mouvements de l’ex-président, aujourd’hui soupçonné de collusion avec la rébellion qui déstabilise l’Est. Le PPRD, son parti, est suspendu. Son nom est revenu dans les débats parlementaires, dans les réunions de sécurité. On parle d’enquête, de trahison, de complicité.
Sur les réseaux sociaux, le coordonnateur de l’AFC/M23 a salué son arrivée comme un geste fort. «Il a fait un bon choix, plutôt que de rester en exil forcé», a-t-il écrit. Une phrase qui semble sceller une forme de reconnaissance entre les deux camps. Une alliance ? Une stratégie ? Un signal? Le flou demeure.
Pour l’instant, Goma reste calme. Mais l’ambiance est chargée. Dans les quartiers périphériques, les murmures se mêlent aux craintes. Le nom de Kabila, que l’on croyait retiré, revient avec le poids de l’incertitude. Est-il là pour réconcilier ? Ou pour rebattre les cartes? Dans un pays où les équilibres sont fragiles, chaque mouvement de l’ancien président résonne comme un coup de tonnerre.
Et pendant ce temps, lui reste invisible. Présent, peut-être. Mais insaisissable.
Christian-Timothée MAMPUYA