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Le jardin botanique de Kisantu en danger mérite l'attention des autorités !
Face aux différentes menaces dont il est l´objet, le jardin botanique de Kisantu, dans le territoire de Madimba, province du Kongo central, mérite une attention particulière de la part des autorités tant centrales, provinciales que locales. L´importance primordiale de ce patrimoine national pour la biodiversité, la recherche et le tourisme n´est pas à démontrer. C´est pourquoi, il est plus que temps pour l´État de trouver des solutions satisfaisantes pour lui éviter le pire.
Le plus grand défi auquel ce jardin botanique est confronté concerne le manque de frais de fonctionnement, ce qui influe sur son entretien qui n'est pratiquement pas assuré. Cette lacune ne peut être corrigée que par l’Assemblée nationale et l´Assemblée provinciale qui, lors du vote de budget, sont appelées à inclure cette rubrique dans les dépenses publiques. Car, si ce jardin n´est pas régulièrement entretenu, l´on prépare, sans le savoir, sa «mort».
L´autre péril qui menace ce trésor naturel est sa dévastation due notamment aux coupes d’arbres illégales. Dans le passé, l´on a accusé certains agents du jardin de se livrer à cette sale besogne. Si tel est le cas, c´est que la protection interne n´est pas assurée convenablement.
Cependant, la menace la plus dangereuse vient des inciviques qui vivent dans les environs du jardin. Un groupe organisé s'est constitué, muni d'armes blanches, qui s´attaque régulièrement au personnel du site. Ces délinquants, après avoir traversé la rivière Inkisi, pénètrent le jardin où ils se livrent sauvagement à des coupes d´arbres, hypothéquant, par le fait même, l´avenir de ce patrimoine.
L´Administrateur du territoire de Madimba déclare n'être pas saisi jusque-là, de manière officielle, par les responsables du jardin, de ces actes répréhensibles. Que dénote cette déclaration alors que cette autorité déclare avoir été informée de ce qui se passe au jardin botanique de manière incidentielle.
Créé vers 1900-1901, le jardin botanique de Kisantu est l´un des plus importants de la RDC et de l´Afrique centrale. Il l´œuvre d´un missionnaire catholique de la congrégation des Jésuites, frère Justin Gillet. Au-delà de sa mission principale de conservation de la nature, il sert, depuis plusieurs années, et continue encore, aux activités de recherche scientifique et touristique. Actuellement, ce trésor naturel compte environ 3.500 espèces réparties sur une superficie de 225 hectares. Il constitue un site touristique vraiment attractif qui, exploité à bon escient, peut drainer d’importantes recettes au profit du Trésor public.
La province du Kongo Central est majoritairement à vocation agricole. Mais elle dispose des pôles touristiques qu´on ne peut négliger vu leurs capacités à générer des recettes financières. Dans certains pays, comme le Kenya, par exemple, le tourisme constitue la vache laitière de son économie. Si la RDC fait de ce secteur l'une de ses priorités, avec tous ses célèbres parcs et autres endroits tels que les chutes d’Inga, des Lokélé à Kisangani et de Zongo, la grotte de poissons aveugles de Mbanza-Ngungu, l´embouchure du fleuve Congo avec l´océan Atlantique, etc... les recettes du tourisme peuvent rivaliser avec celles des mines. Quitte à l´Office national du tourisme(ONT) de jouer véritablement son rôle pour donner à ce secteur la place qui lui convient.
Muke MUKE