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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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"Balembana poso"
Balembana poso". Cette courte expression signifie en français littéralement " On a échoué avec la peau ". Traduite ainsi, l'expression a un sens tout vague et appelle quelques questionnements pour mieux la comprendre. Surtout pour un étranger ou quelqu'un qui n'est pas au même diapason sémantique que l'auteur du message qui nous l'a transmis grâce au véhicule Mercedès.
Parmi les questions susceptibles d'être posées sont entre autres "Comment et pourquoi a-t-on échoué avec la peau"? Parmi les réponses de nature à apporter de l'éclaircissement à l'expression est le verbe "manger" qu'il importe d'ajouter dans l'expression en l'insérant après "échoué". Ainsi la phrase deviendra : "On a échoué à manger la peau".
Même ainsi reformulée, l'expression garde toujours un sens non clair car nos lecteurs se poseront cette question importante de précision : " la peau de quel animal" (pour qu'on arrive pas à la manger) ? C'est nous qui ajoutons cette partie entre parenthèses.
La réponse est fournie avec cette expression plus longue et complète qui fournit quelques réponses aux questions que nous nous sommes posées. "Balia nkoba balemba poso". On dit parfois "Balia nkoba balembana poso" pour " Ils ont mangé la tortue, ils ont échoué avec la peau". Une expression utilisée par les habitants de Kinshasa pour décrire une situation où deux personnes têtues, orgueilleuses ou malicieuses finissent par baisser les bras ou par s'entendre après une longue période de chamailleries, de rivalités ou de bras de fer. Et elle constitue parfois une sorte de satire qu'une personne peut adresser à un adversaire pour lui montrer que s'il peut s'attaquer facilement à d'autres personnes, il n'en est pas le cas pour elle car elle est dure à cuire comme l'est la peau d'une tortue qu'on ne peut pas manger.
Cela dit, on comprend maintenant pourquoi ils n'ont pas pu manger la peau après en avoir consommé sans problème la chair. Il est de notoriété publique que ce que nous pouvons considérer comme peau n'est en réalité que sa carapace très dur qui constitue sa protection, sa cuirasse contre tout prédateur.
La peau ou le cuir de tortue est recouverte de deux éléments principaux : les écailles. Chez la majorité des tortues, la peau exposée est protégée par des écailles kératinisées (constituées de kératine, comme les ongles humaines). La carapace est la partie externe de leur corps qui est recouverte d'une carapace osseuse (le dessus est la dossière, le dessous le plastron).
Kléber KUNGU