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La MMRR suspendue, Daniel Bumba doit faire respecter les tarifs de transport
Le gouvernement provincial de Kinshasa vient de suspendre d’urgence les opérations de la Mission mixte de régulation routière (MMRR). Les chauffeurs de taxi-bus ont applaudi de deux mains cette décision parce qu’elle est à leur avantage. Cependant, au regard de l’incivisme qui caractérise le secteur des transports en commun, les Kinois demandent au gouvernorat de ne pas se limiter uniquement à ce niveau. Ils souhaitent que l’autorité urbaine renforce le contrôle sur le respect des tarifs fixés pour les différents trajets.
Il est donc temps de mettre fin au comportement répréhensible dont font preuve les chauffeurs, eux qui passent souvent outre la décision de l’Hôtel de ville en cette matière. Ils fixent les prix selon leur gré et selon les heures de la journée : avant 5 h du matin, c’est un tarif, après c’est un autre, et ainsi de suite. Ainsi, le tarif peut passer facilement du simple au quadruple sur un même trajet.
En plus, il y a la pratique de demi-terrain interdite par le gouvernorat, mais qui a refait surface au vu et au su des éléments de la police chargée de la circulation routière. Même les agents de la MMRR n’ont pas été capables de mettre fin à ce comportement indélicat.
FAIRE VALOIR L’AUTORITÉ DE L’ÉTAT
Si le gouverneur a mis de côté les agents de la MMRR, c’est parce qu’il a entendu les cris de détresse des conducteurs.
Le comportement des chauffeurs donnent l’impression qu’ils sont au-dessus de la loi et qu’ils peuvent faire plier les autorités. Que non. Ce sont eux qui sont obligés de se soumettre aux instructions de l’État. C’est pourquoi, pour remettre de l’ordre dans le secteur des transports en commun à Kinshasa, il faut la fermeté absolue dans le suivi de l’exécution des décisions prises.
Par ailleurs, l’autorité urbaine doit savoir que beaucoup de chauffeurs, bien que leurs doléances soient fondées, ne sont pas en règle avec les documents de bord requis. Certains ne disposent pas de permis de conduire, d’autres conduisent avec des bus dont l’état laisse à désirer. C’est la cause de plusieurs accidents enregistrés sur nos routes. Il importe donc de se montrer exigeant lorsqu’on enclenche des opérations de contrôle et surtout lorsqu’il s’agit de remettre en rang les chauffeurs dont l’indiscipline est caractérisée. Car, ils sont prêts à dénoncer les tracasseries administratives et policières dont ils sont victimes, mais ils oublient le comportement répréhensible qu’ils affichent souvent à l’encontre des passagers. Pour eux, ce n’est pas des tracasseries.
En outre, il serait intéressant que le gouvernement provincial de Kinshasa s’allie à la Task Force chargée de l’assainissement mise en place par le président de la République pour lutter contre le désordre routier dans la capitale. Car, il convient également d’assainir la mentalité des conducteurs qui se comportent comme des hors-la-loi. L’Hôtel de ville est appelé à faire valoir l’autorité de l’Etat.
En tout état de cause, il importe que les récentes mesures du gouvernorat soient accompagnées d’une vaste campagne de sensibilisation de la population pour que d’aucuns soient suffisamment informés et mobilisés pour la réussite de nouvelles dispositions arrêtées par l’Hôtel de ville, car mon peuple périt faute de connaissances, affirme une célèbre sentence.
Muke MUKE