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Le Forum national des droits humains élabore une feuille de route pour la justice transitionnelle et la promotion du Genocost
La première édition du Forum national des droits humains s’est clôturée samedi au Palais du Peuple, après deux jours de travaux riches et intenses, consacrés à la promotion et à la protection des droits fondamentaux en RD-Congo. Organisé sous l’impulsion de Me Samuel Mbemba Kabuya, ministre des Droits humains, ce forum a permis d’établir une feuille de route claire pour le renforcement du système national de protection des droits humains et pour l’appropriation nationale du Genocost, le génocide subi par le peuple congolais.
Dans son discours de clôture, le ministre Mbemba a insisté sur l’importance d’un dialogue permanent entre le gouvernement et les défenseurs des droits humains.
«Pendant ces deux jours, nous avons travaillé ensemble, experts, praticiens et défenseurs de la société civile. La matière nous a été donnée par les experts, et nous avons partagé notre expérience de terrain. Aujourd’hui, nous avons une feuille de route concrète. Désormais, le ministère que je dirige recevra chaque mardi les défenseurs des droits humains. Ce sera votre jour. Un moment privilégié de dialogue permanent, pour que nul ne puisse violer les droits des Congolais sans que nous intervenions», a fait savoir Samuel Mbemba.
LA FEUILLE DE ROUTE REPOSE SUR TROIS PILIERS
Cette feuille de route repose sur trois piliers essentiels : la promotion et la protection des droits humains, l’opérationnalisation de la justice transitionnelle, et le plaidoyer pour la reconnaissance du Genocost. Elle vise à renforcer les institutions, à améliorer l’accès à la justice et à garantir la protection des libertés publiques sur l’ensemble du territoire national.
Les deux journées de forum ont été ponctuées par des interventions d’experts et des panels thématiques sur 18 thèmes essentiels. La première journée a été consacrée à l’ouverture officielle et à la présentation des thèmes : droits des groupes vulnérables, défense des droits humains, lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre, et promotion des mécanismes de justice transitionnelle.
«Notre pays doit accorder une priorité absolue à la protection et à la promotion des droits humains», a rappelé la Première ministre, représentante personnelle du Chef de l’État, lors de son discours d’ouverture.
«Ce forum constitue un cadre privilégié de dialogue national où l’expertise et l’expérience de chacun doivent converger pour bâtir des solutions durables».
LA QUALITÉ DU TRAVAIL SALUÉE
Samuel Mbemba, a salué la qualité du travail accompli et réaffirmé son engagement à défendre toute violation des droits des Congolais, quel que soit l’auteur. Il a insisté sur l’importance de poursuivre le combat pour la reconnaissance du Genocost et la mise en œuvre de la justice transitionnelle.
«Lorsqu’il a plu à Son Excellence Monsieur le Président de la République de me nommer Ministre des Droits Humains de la République démocratique du Congo, je me suis dit qu’il faisait de moi le défenseur officiel des droits humains dans ce pays. En faisant de moi défenseur officiel des droits de l’homme, j’ai ressenti qu’il était de mon devoir de rencontrer mes congénères, mes partenaires, ceux qui, comme moi, sont engagés dans cette lutte, avant de mener à bien cette mission», a-t-il déclaré.
LA PREMIÈRE ÉDITION AUGURE UNE NOUVELLE ÈRE
Le ministre a rappelé que cette première édition inaugure une ère nouvelle, celle d’un dialogue continu entre le gouvernement et l’ensemble des acteurs du secteur. Il a souligné que le Forum constituait un espace privilégié pour combiner expertise théorique et expérience de terrain, donnant naissance à une feuille de route destinée à orienter les actions futures.
«Désormais, vous et moi, défenseurs des droits humains relevant de la société civile et moi défenseur officiel, nous allons travailler ensemble. Quiconque violera les droits des Congolais, qu’il soit Congolais ou étranger, quel que soit son rang ou son statut, nous rencontrera sur son chemin. Pendant ces trois jours, nous avons travaillé, confronté nos expériences de terrain aux analyses des experts, et nous en sortons avec une feuille de route claire. Le ministère qui est désormais le vôtre recevra les défenseurs des droits humains chaque mardi. Ça sera votre jour», a-t-il ajouté.
LE GOUVERNEMENT S’ENGAGE À METTRE EN OEUVRE LES RECOMMANDATIONS
Le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, représentant la Première ministre, a pour sa part réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre en œuvre les recommandations formulées lors du forum.
«Au cours de ce forum, vous avez examiné les défis persistants et actuels, notamment dans les domaines de la justice et de la sécurité des libertés publiques. Vous avez formulé des recommandations concrètes pour renforcer l’État de droit et améliorer l’accès à la justice, afin de garantir la protection des droits de tous. La Première ministre, en tant que Cheffe du gouvernement, a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à mettre en œuvre ces recommandations», a-t-il affirmé.
LE PARLEMENT APPELÉ À ADOPTER UNE LOI SUR LA RECONNAISSANCE DU GENOCOST
Le président de la Commission nationale des droits de l’homme, Paul Nsapu, a renforcé cette orientation en appelant le Parlement à adopter une loi de reconnaissance du Genocost.
«Sur la mémoire nationale et la reconnaissance du Genocost, permettez-moi d’insister sur une recommandation historique : le Forum national des droits humains invite solennellement le Parlement de la RDC à adopter une résolution, voire une loi, reconnaissant le génocide subi par le peuple congolais depuis plusieurs décennies dans l’indifférence de la communauté internationale».
La deuxième journée a été dédiée aux panels thématiques et à la restitution des recommandations. Les participants ont identifié des défis majeurs : conflits armés dans l’Est du pays, impunité des crimes internationaux, insuffisance des ressources publiques pour les institutions nationales, faible sensibilisation des populations à leurs droits et suivi limité des recommandations internationales.
Pour y répondre, le forum a adopté des mesures concrètes : allocation de ressources suffisantes à la justice et aux droits humains, renforcement des capacités nationales, documentation des crimes internationaux et des génocides, opérationnalisation de la justice transitionnelle, amélioration du système carcéral et harmonisation du plaidoyer pour la reconnaissance des génocides.
Cerise sur le gâteau, l’artiste Innocent Balume, survivant des atrocités perpétrées en RDC, a offert un concert émouvant, rappelant à tous que la mémoire et la culture sont des leviers puissants pour la résilience et la justice.
Le rendez-vous est désormais fixé pour octobre 2026, avec la deuxième édition de ce qui sera appelé «Le Parlement des acteurs des droits de l’homme», afin de mesurer les progrès accomplis et poursuivre le combat pour les droits humains et la reconnaissance du Genocost.
Ezechiel Monteirious MONTEIRO