Dernière minute
Société
Près de 200 étudiants en provenance des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment des zones sous contrôle de l’AFC-M23, ont rejoint l’Université de Kisangani pour poursuivre leur cursus académique. Ce déplacement intervient après la suspension, en août dernier, des activités de plusieurs…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Au lendemain du réquisitoire de Joseph Kabila contre la gouvernance de Félix Tshisekedi, les réactions n'ont pas tardé à fuser. Du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, au vice-Premier…
Étranger
Des rives du Nil aux pyramides de Gizeh, la capitale égyptienne se dévoile comme une ville de contrastes, où coexistent l'ancien et le moderne. Bruyante, vivante et profondément attachée à son…
Nation
Le Parlement d'enfants de Butembo-Lubero a lancé l'alerte le dimanche 11 octobre 2026. Dans plusieurs écoles de Butembo, au Nord-Kivu, le manque d'eau empêche d'utiliser les dispositifs de lavage…
L'Afrique se positionne comme partenaire incontournable lors du Sommet avec les Etats-Unis
Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, séjourne depuis hier lundi à Luanda, capitale angolaise, où il prend part au 17ème Sommet des affaires États-Unis-Afrique. Organisé par le Corporate Council on Africa (CCA), ce rendez-vous économique majeur rassemble plus de 1.500 participants : Chefs d'État, ministres, hauts fonctionnaires américains et dirigeants d'entreprises des deux continents.
Placé sous le thème "Les voies de la prospérité : une vision commune du partenariat entre les États-Unis et l'Afrique", ce sommet ambitionne de redéfinir les rapports économiques transatlantiques à l'heure où le continent africain revendique une place de choix dans les grandes mutations géoéconomiques mondiales.
Un message sans détour
En ouvrant les travaux, le Président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço a livré un message sans détour, invitant les partenaires occidentaux à revoir leur approche vis-à-vis de l'Afrique. "Le temps est venu de remplacer la logique de l'aide par celle de l'ambition et de l'investissement privé", a-t-il martelé, insistant sur le fait que l'Afrique n'est plus un simple réservoir de matières premières, mais un acteur de décisions et de projets structurants.
João Lourenço a notamment insisté sur la nécessité d'investissements respectueux de la souveraineté des nations africaines, misant sur le contenu local et le transfert de compétences. Il a cité en exemple des initiatives comme le Corridor de Lobito, projet ferroviaire stratégique reliant l'océan Atlantique à l'océan Indien, et appelé à transformer les échanges intra-africains et intercontinentaux.
Face aux crises qui secouent le Moyen-Orient et l'Europe de l'Est, le dirigeant angolais a présenté l'Afrique comme un partenaire de stabilité et de vision à long terme. Avec une population jeune et dynamique, et un potentiel d'innovation encore sous-exploité, le continent apparaît désormais comme un levier incontournable pour l'équilibre économique et géopolitique mondial.
Tout en saluant l'évolution de la présence américaine, désormais tournée vers l'investissement et le partenariat, João Lourenço a exprimé le souhait de voir les entreprises américaines diversifier leurs secteurs d'intérêt, au-delà du pétrole, du gaz et des terres rares. Il a évoqué des domaines tels que la sidérurgie, l'agriculture, la construction navale et le tourisme, où l'Afrique offre des opportunités encore peu exploitées.
Un plan ambitieux en 6 points
Ce sommet s'inscrit dans le cadre du nouveau virage américain en Afrique. À Abidjan, Troy Fitrell, secrétaire adjoint par intérim aux Affaires africaines, a récemment détaillé un plan ambitieux en six points, résolument axé sur le commerce et l'investissement. Une doctrine résumée dans la formule désormais assumée par Washington: "Trade, not aid".
Dans ce contexte, les États-Unis multiplient les initiatives, y compris diplomatiques. Une percée vient d'être réalisée dans la crise sécuritaire à l'Est de la RDC, avec un accord de paix conclu entre Kinshasa et Kigali, qui sera officiellement signé à Washington le 27 juin prochain. Parallèlement, des négociations sont en cours pour un nouvel accord minier entre la RDC et l'administration Trump, censé renforcer l'engagement américain dans le secteur stratégique des ressources naturelles congolaises.
L'Afrique entend se positionner comme partenaire incontournable
Pour Félix Tshisekedi et ses pairs africains, ce sommet est bien plus qu'un forum économique. Il s'agit d'un espace de négociation politique et stratégique, où le continent cherche à faire valoir ses priorités, dans un environnement mondial en recomposition. L'Afrique, forte de son potentiel et de ses ambitions, entend désormais se positionner non plus en simple bénéficiaire, mais en partenaire exigeant et incontournable.
Jérémie ASOKO