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La marche du 15 septembre divise l'opposition jusque dans ses propres rangs
Après la marche de l'opposition, les critiques ne viennent plus seulement du pouvoir. Elles émergent également au sein même de l'opposition, révélant des divergences profondes sur la stratégie à adopter face au régime de Félix Tshisekedi.
Alors que certains acteurs appellent à descendre dans la rue pour dénoncer la situation politique et réclamer des changements, d'autres voix de l'opposition prennent leurs distances avec cette démarche et interrogent ouvertement la sincérité de certains de ses initiateurs. Une marche qui est loin de faire l'unanimité.
Le débat prend une nouvelle tournure avec des prises de position particulièrement critiques publiées sur les réseaux sociaux.
Dans l'une d'elles, il est notamment reproché à certains responsables politiques de privilégier les calculs personnels au détriment d'une véritable dynamique de changement.
L'idée défendue est claire : une opposition crédible ne devrait pas se limiter à organiser des manifestations, mais devrait également présenter une alternative politique cohérente et capable de convaincre la population.
Cette critique intervient alors que la mobilisation du 15 septembre a semblé marquer une faillite selon Alain Bolodjwa et Seth Kikuni.
"UNE OPPOSITION QUI S'OPPOSE À L'OPPOSITION"
Le plus révélateur dans cette séquence politique reste toutefois le fait que les critiques viennent de l'intérieur du camp contestataire.
Certains opposants estiment que le pouvoir de Félix Tshisekedi aurait, paradoxalement, réussi à affaiblir ses adversaires sans nécessairement recourir à une confrontation directe. Selon cette lecture, une partie des opposants se serait progressivement rapprochée du pouvoir, tandis qu'une autre continue à réclamer une mobilisation populaire.
Cette situation alimente une question essentielle : l'opposition congolaise parle-t-elle encore d'une même et seule voix? La multiplication des divergences semble démontrer le contraire.
Entre mobilisation populaire et soupçons de récupération politique, les déclarations relayées ces dernières heures mettent également en lumière une autre fracture : celle qui oppose les partisans d'une mobilisation populaire aux acteurs qui dénoncent ce qu'ils considèrent comme une instrumentalisation de la colère citoyenne à des fins politiques.
Le débat dépasse donc désormais la seule question de la marche. Il porte sur la crédibilité, la cohérence et la finalité de l'action de l'opposition.
Pour certains, la rue demeure un moyen légitime de pression politique. Pour d'autres, elle ne peut produire de résultats durables sans une vision politique clairement définie et une capacité à rassembler largement la population.
Une opposition face à ses propres contradictions,
Cette polémique alimentée par Seth Kikuni et Alain Bolodjwa intervient à un moment où l'opposition cherche à contraindre le pouvoir en place à renoncer à son projet de changer la Constitution, à user de la loi référendaire et à s'offrir un 3ème mandat. Dans ce contexte, les querelles internes à l'opposition risquent de détourner l'attention de ses revendications principales.
La question n'est donc plus seulement de savoir si la marche a réussi, mais surtout de savoir quel message commun l'opposition entend porter et quelle alternative elle propose au peuple congolais.
Car une mobilisation peut remplir les rues pendant quelques heures. Mais pour transformer une colère populaire en véritable force politique, encore faut-il parler d'une même et seule voix, présenter une vision et convaincre au-delà de ses propres militants.
César IPOKA