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PLUSIEURS ANNÉES APRÈS L’INCENDIE DE LEURS MEUBLES : Les artisans de Binza Delvaux toujours dans la rue
Dans le quartier populaire de Delvaux dans la commune de Ngaliema, des artistes talentueux ont investi depuis plusieurs années un grand espace le long de la route qui va à Matadi, en passant par l’UPN. Là, ils fabriquent des mobiliers de qualité impressionnante, qui n’ont rien à envier aux mobiliers importés de l’occident et de l’Asie. Malheureusement, faute d’un encadrement adéquat ils travaillent dans un environnement loin de la modernité. Ce qui fait que souvent ils sont victimes d’incendies qui ravagent leur production.
Suite au dernier sinistre qu’ils ont connu il y a quelques années, le gouvernement avait promis de leur octroyer un espace où ils devraient exercer leur activité en toute sécurité. Mais force est de constater que cette décision, prise lors d’un conseil des ministres, n’a connu aucun début d’exécution.
À l’approche des pluies qui risquent d’être diluviennes au regard des fortes chaleurs que nous observons ces derniers temps, nous craignons que leurs conditions de travail n’empirent davantage. C’est pourquoi, ces artisans en appellent à la responsabilité des autorités compétentes pour matérialiser leur promesse de les aider à moderniser leurs conditions de travail.
LE MINISTÈRE DES PMEA INTERPELLÉ
Face à ce cri de détresse lancé par ces artisans hors pair, le ministère des Petites et moyennes entreprises et Artisanat (PMEA) doit se remettre en cause, car c’est à lui que revient la responsabilité de présenter à l’ensemble du gouvernement un plan d’encadrement qui vise la requalification et la modernisation des conditions de travail de ces compatriotes.
En principe, au regard de la qualité des meubles produits par ces artisans, le gouvernement aurait déjà pris la décision d’interdire l’importation des mobiliers de bureau, et instruire tous les services publics de l’État à n’utiliser que les produits de fabrication locale. Pour ce, il importe de fédérer ces artisans, leur administrer une formation adéquate et leur faciliter l’accès aux équipements de dernière génération.
À ce propos, le ministère de la Formation professionnelle, Métiers et Artisanat (FPMA) devrait faciliter la création et la multiplication des filières visant la formation des jeunes dans des domaines aussi variés que l’ébénisterie, la plomberie, la cordonnerie, la maçonnerie, etc. C’est l’une des stratégies pour combattre le chômage qui frappe de plain-pied la jeunesse congolaise. Car, il n’est pas dit que pour être utile à son pays il faut nécessairement faire les études supérieures et universitaires. En tout état de cause, les artisans de Binza Delvaux constituent un cadre idéal pour la fabrication locale des meubles et mobiliers de haut standing au lieu de dépenser des devises qui peuvent être affectées à d’autres besoins nationaux. Il revient au ministère des PMEA de nous montrer en quoi il est capable au lieu de se concentrer uniquement au recouvrement des taxes imposées aux petits et moyens entrepreneurs.
Muke MUKE