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La chasse aux sorcières a-t-elle déjà commencé?
* Kigali et Kinshasa connaissent-ils le nombre à embarquer ?
(Remake à la demande générale)
Il est encore tôt, et même très prématuré d'arrêter la lecture, mieux l'interprétation de l'Accord de paix, signé entre la RDC et le Rwanda, le vendredi 27 juin dernier à Washington.
Ainsi qu'on le sait, l'entente entre ces deux pays très voisins- plutôt frères-ennemis- prévoit entre autres, la traque conjointe des rebelles Interahamwes, opérant sous le label des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), réfugiés sur le sol congolais.
Ce travail, faut-il le rappeler, devrait se faire pendant trois mois, à partir de la date de signature dudit Accord. Nous voici à la première quinzaine échue du mois de juillet. C'est donc à croire ou à supposer- c'est selon- que le travail doit avoir déjà commencé sur le terrain!
LE PIEGE?
L'opinion nationale et internationale devraient se rappeler une chose. A savoir que chaque fois que le Rwanda a l'occasion de s'exprimer devant la tribune d'une Organisation régionale, sous-régionale ou même internationale, il n'a de cesse d'évoquer la problématique des FDLR.
On rappelle que Kigali ou ses lieutenants, ses ambassadeurs aux différentes rencontres, ont toujours justifié la présence, mieux le déploiement des hommes de troupes rwandaises sur le territoire congolais, pour traquer ces forces centrifuges qu'il a sempiternellement considérées comme une menace sérieuse à son pouvoir. Légitime? Importe. Le plus important est que Kigali en a fait une ritournelle, bien servie à ses différences audiences dans une rhétorique diplomatique quelque peu ennuyeuse. Disons-le ainsi par pudeur de gazelle.
Cependant, la Rd Congo dans sa légitime défense, a habituellement rejeté cette raison maintes fois avancée par Kigali pour envoyer ses hommes en uniforme sur son sol. Pour Kinshasa, la question FDLR n'aura été qu'un prétexte fallacieux, à défaut du fameux arbre qui cache la forêt. Les vraies motivations de Kigali étant ailleurs. Notamment, les relents expansionnistes surannés mais hélas, constamment réactivés; l'exploitation illicite et le pillage des matières précieuses de la RDC. Vous avez bien compris qu'il s'agit-là, d'une lapalissade que les spécialistes de la question rdcongolaise retournent,eux aussi, dans toutes les langues, chaque fois que l'occasion leur est offerte d'en parler.
Mais, aussi curieux que cela puisse paraitre, c'est la même RDC qui, à Washington, valide l'argument de Kigali au point de prendre l'engagement de traquer les interahamwes Fdlr! Le temps a-t-il effacé les idées? Sans doute pas!
Que ce soit en RDC ou au pays des Mille collines, l'histoire rappelle à la mémoire collective des deux peuples que ces Hutus rwandais avaient traversé la frontière, après l'assassinat du Président Juvenal Habyarimana en avril 1994. Tout calcul fait, trente et un ans se sont écoulés, depuis que les Interahamwes Fdlr "vivent" dans l'Est de la Rd Congo- au cas où cette assertion serait validée.
Alors, à l'hypothèse que le moins âgé de ces Hutus avait la quarantaine lors de la traversée de la frontière avec l'ex-République du Zaïre, il n'aura pas arithmétiquement moins de soixante-dix ans à ce jour. Les plus âgés pourraient même avoir franchi les quatre-vingts ans. De toute evidence, tous sont sexagénaires et même septuagénaires. Pas étonnant que la plupart d'entre eux aient épousé des autochtones avec qui ils pourraient avoir plusieurs enfants.
Partant, on est donc en droit de se demander si les belles familles de ces rebelles seraient prêtes à "livrer" leurs gendres apres trois décennies de vie commune?
Bref, il s'agit des personnes qui, si pas toutes, au moins plus de la majorité, doivent avoir pris un coup de vieux. Bien pire, sans leur souhaiter tous les malheurs du Ciel, on suppose que certains pourraient déjà avoir tiré leurs révérences et enterrés dans l'anonymat! Et, il semble que ce sont ces personnes de troisième âge qui font très peur à Kagame! Vraisemblable?
LES A-T-ON IDENTIFIES ET LOCALISÉS ?
Que la Rd Congo, partie à l'Accord de paix de Washington, accepte de poursuivre les Fdlr avec acharnement, sans leur laisser la moindre issue pour s'échapper, on suppose que l'engagement de Kinshasa n'a pas été pris sous pression.
Dès lors, plusieurs questions taraudent les esprits. La Rd Congo a-t-elle préalablement identifié ces Fdlr? Combien sont-ils exactement et oû vivent-ils?
A priori, Kinshasa pourrait à la limite, connaître là où vivent ces anciens militaires des forces loyalistes rwandaises, naguère fidèles au défunt chef de l'Etat Juvenal Habyarimana.
Tout le problème, cependant, se poserait en termes de maîtrise de leurs effectifs. Normal, dans la mesure où ces ressortissants rwandais n'avaient jamais été dûment enregistrés dès le départ.
Comme dans un puzzle, on pourrait retourner le même questionnement à Kigali. Connaît-il le nombre exact des Interahamwes attendus à l'arrivée sur le sol rwandais? Sinon, que se passerait-il au cas où Paul Kagame aurait sous-estimé le nombre des rebelles Fdlr, rapatriés par la Rd Congo? Bien malin, quiconque répondrait à toutes ces questions avec l'exactitude voulue.
Tout bien considéré, nombre d'analystes, loin de soutenir l'entreprise criminelle du Rwanda sur le sol rd congolais, soutiennent que Kinshasa s'est fait prendre au piège de Kigali. En prenant l'engagement de chasser de son territoire, les rebelles rwandais, la Rd Congo semble, au final, avoir donné raison à son voisin qui, sans cesse ni fin, a toujours évoqué cette question pour justifier la présence de ses troupes régulières sur le sol congolais.
Cependant, face aux lourdes conséquences socioéconomiques des décennies de guerre dans l'Est de la Rd Congo, d'aucuns estiment que la pire des ententes vaut mieux que le meilleur des procès. Pourvu que les armes se taisent pour toujours.
Grevisse KABREL