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Kinshasa boycotte la conférence ministérielle de l'OIF à Kigali
La République Démocratique du Congo a officiellement annoncé son refus de participer à la 46ème Conférence ministérielle de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), prévue à Kigali, au Rwanda. Cette décision a été annoncée par la ministre déléguée en charge de la Francophonie, Bestine Kazadi.
Dans une déclaration publiée sur son compte X, Bestine Kazadi a dénoncé l'organisation de cet événement au Rwanda, estimant qu'il s'agit d'une forme de caution implicite aux actes hostiles dont la RDC accuse son voisin.
" Organiser cette conférence au Rwanda constituerait une caution tacite de l'agression contre la RDC et une transgression des valeurs portées par la Francophonie. Nous en appelons à la solidarité des États et gouvernements membres de l'OIF à nous soutenir ", a écrit Bestine Kazadi.
Cette prise de position fait suite à un climat de tensions exacerbées entre Kinshasa et Kigali. Depuis plusieurs années, la RDC accuse le Rwanda de soutenir le mouvement terroriste du M23, actif dans l'est congolais. Une accusation systématiquement rejetée par Kigali, malgré les preuves documentées par les experts de l'Onu.
En refusant de prendre part à cette conférence si elle se tient à Kigali, la RDC met la pression sur l'OIF pour une éventuelle relocalisation de l'événement. Kinshasa espère rallier d'autres États membres à sa cause et obtenir un soutien diplomatique contre ce qu'elle qualifie d'agression rwandaise.
Ce boycott met l'Organisation internationale de la Francophonie face à un dilemme diplomatique : d'un côté, elle prône le dialogue et la coopération entre ses membres, mais de l'autre, elle doit prendre en compte les préoccupations sécuritaires et politiques de chacun.
La signature de la convention entre le Conseiller spécial de la Secrétaire générale de la Francophonie et la Secrétaire permanente du ministère des Affaires étrangères rwandais, prévue du 20 au 21 novembre 2025, marque le début des préparatifs pour cette conférence. Toutefois, le boycott annoncé par la RDC pourrait bouleverser ces plans.
Christian-Timothée MAMPUYA