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Kasaï-Central : climat délétère au sein des organisations des chefs coutumiers
Un vent de discorde souffle actuellement sur les structures regroupant les chefs coutumiers dans la province du Kasaï-Central. Deux organisations majeures, à savoir l'Association nationale des autorités traditionnelles du Congo (ANATC) et l'Alliance des autorités traditionnelles du Congo (AA.TCC), se retrouvent au cœur de tensions qui fragilisent l'équilibre du paysage coutumier provincial.
Ces deux plateformes, qui fédèrent les autorités traditionnelles à travers la République démocratique du Congo, sont respectivement dirigées au niveau provincial par André Kalala Katshishimbi pour l'ANATC et Clément Kalamba Diyi pour l'AA.TCC. Si leur mission commune consiste à défendre les intérêts des chefs coutumiers et à promouvoir la sauvegarde des valeurs ancestrales, des divergences profondes semblent aujourd'hui miner leur fonctionnement dans la province.
À l'origine de cette montée de tension : la présence, de plus en plus remarquée dans la ville de Kananga, de personnes se présentant comme chefs coutumiers sans pour autant bénéficier de la reconnaissance de leurs familles régnantes respectives. Cette situation alimente un climat de suspicion et de rivalité, chaque camp dénonçant des cas d'usurpation et de manipulation.
L'ALERTE DES AFFAIRES COUTUMIÈRES
Selon plusieurs sources locales, certains individus exerceraient des prérogatives liées à l'autorité traditionnelle sans disposer ni de la légitimité coutumière, ni de l'aval administratif requis. Une pratique jugée dangereuse dans un contexte où la fonction de chef coutumier demeure étroitement liée à la lignée familiale, aux rites de succession et à la reconnaissance communautaire.
Intervenant sur cette question lors d'un entretien accordé à Forum des As hier jeudi 26 février, le chef de division provinciale des Affaires coutumières, Gaston Kalala Ntabala, a tiré la sonnette d'alarme. Il a qualifié la situation de préoccupante, estimant qu'elle constitue une menace sérieuse pour la stabilité sociale et l'ordre coutumier dans la province.
D'après lui, la multiplication d'acteurs se revendiquant chefs coutumiers sans titre valable engendre des conflits de compétence et entretient une confusion préjudiciable au sein des communautés.
" Plusieurs personnes qui se présentent comme chefs coutumiers dans la ville de Kananga ne sont pas reconnues par leurs familles régnantes ", a-t-il affirmé, soulignant que la légitimité traditionnelle ne saurait être improvisée ni revendiquée en dehors des règles établies.
Il a insisté sur l'impératif de préserver l'authenticité des institutions coutumières, qui constituent un pilier fondamental de l'organisation sociale en milieu rural comme urbain.
Face à cette dérive, le responsable provincial des Affaires coutumières a appelé à une application rigoureuse des dispositions légales encadrant l'exercice de l'autorité traditionnelle. Il a notamment évoqué une correspondance du défunt ministre de l'Intérieur, Alain Lukusa Mpoyi, qui interdisait la circulation des chefs coutumiers dans la ville de Kananga en dehors des cadres réglementaires clairement définis.
Cette mesure visait, selon lui, à éviter toute confusion entre autorités coutumières et autorités administratives, mais aussi à prévenir les conflits d'intérêts, les chevauchements de compétence et les risques d'instrumentalisation politique.
En milieu urbain, rappelle-t-on, la gestion des affaires relève essentiellement de l'administration étatique. L'intervention des chefs coutumiers y est strictement encadrée afin de préserver l'équilibre institutionnel.
Au-delà des rivalités organisationnelles, c'est l'image même de l'institution coutumière qui se trouve mise à l'épreuve. D'aucuns appellent ainsi à un dialogue franc entre les différentes parties prenantes, afin de restaurer l'unité et de réaffirmer les principes de légitimité, de transparence et de respect des traditions.
Félix MULUMBA Kalemba