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La dénonciation de Kalaa Mpinga Katema place désormais l’Assemblée nationale devant un test de vérité. L’affaire PHC n’est plus une simple querelle d’actionnaires, ni une rumeur de couloir perdue…
Affaires PHC et Fina Log : Bussa doit-il rendre des comptes au Parlement ?
La dénonciation de Kalaa Mpinga Katema place désormais l’Assemblée nationale devant un test de vérité. L’affaire PHC n’est plus une simple querelle d’actionnaires, ni une rumeur de couloir perdue dans les plis du registre de commerce. C’est une pétition formellement déposée au Parlement, accompagnée d’annexes, de références juridiques, de statuts, de procès-verbaux, d’une procuration spéciale et de textes encadrant la gestion du portefeuille de l’État. En clair : le dossier est désormais entre les mains du législateur. Et à partir de maintenant, l’inaction parlementaire deviendrait elle-même un acte politique.
Car sous le Président Félix Tshisekedi, le discours officiel sur la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et la protection du patrimoine public se heurte de plus en plus à une réalité brutale : les scandales se multiplient, les actifs stratégiques deviennent vulnérables, et les responsables politiques semblent rarement contraints de rendre des comptes.
Une pétition qui met le Parlement au pied du mur
Kalaa Mpinga ne dénonce pas une irrégularité vague. Il affirme que l’État congolais détenait 66.733 actions de catégorie B dans Plantations et Huileries du Congo, soit 23,83 % du capital social de PHC, avant que cette participation publique ne soit effacée dans les nouveaux statuts coordonnés de 2025. Le terme employé dans le dossier est lourd : « suspect désengagement de l’État congolais ».
Si cette dénonciation est fondée, le problème dépasse de très loin PHC. Il ne s’agirait plus d’un simple désaccord entre actionnaires, mais d’une possible sortie irrégulière de l’État du capital d’une entreprise agro-industrielle stratégique. PHC, ce sont des plantations, des terres, des emplois, de l’huile de palme, une histoire industrielle, mais aussi une parcelle du patrimoine économique national. On ne fait pas disparaître l’État d’un tel actif comme on rectifie une virgule dans des statuts.
Bussa, la procuration qui dérange
Au centre du dossier apparaît Jean-Lucien Bussa, ancien ministre du Portefeuille. Selon la pétition, une procuration spéciale datée du 11 août 2025 aurait permis à William Bolima Bolitshi de représenter l’État congolais lors d’une assemblée générale extraordinaire de PHC. C’est ici que l’affaire devient explosive : Bussa n’aurait déjà plus eu qualité pour engager le ministère du Portefeuille après le remaniement gouvernemental.
La question est donc simple, brutale, incontournable : Jean-Lucien Bussa a-t-il signé un acte engageant l’État alors qu’il n’en avait plus le pouvoir ? Si oui, il ne s’agirait pas d’une distraction administrative, mais d’une faute politique majeure. Car un ministre sortant n’emporte pas avec lui la signature de la République comme un souvenir de bureau.
Bolima, mandataire ou courroie d’exécution ?
William Bolima Bolitshi ne peut pas non plus être traité comme un personnage secondaire. Dans le dossier PHC, il apparaît comme le mandataire ayant porté la représentation contestée de l’État. Qui lui a donné instruction ? Sur quelle base juridique ? Avec quel mandat exact ? A-t-il défendu les intérêts de la République ou validé, par sa présence, une opération de dépossession ?
Si la procuration est juridiquement fragile, alors toute la chaîne de représentation devient suspecte. Et si cette représentation a servi à faire entériner la disparition des parts publiques dans les statuts, Bolima devra expliquer s’il fut simple exécutant, acteur conscient ou caution technique d’une manœuvre plus vaste.
Fina Log, le second signal d’alerte
L’affaire PHC serait déjà suffisamment grave. Mais elle devient plus troublante encore lorsqu’on la rapproche du dossier Fina Log. Là aussi, le nom de Bussa revient dans une opération liée à des actifs stratégiques. Il lui est reproché d’avoir soutenu la cession des parts de Fina Log dans le Pool HRS, infrastructure sensible de la logistique pétrolière.
Deux dossiers. Deux secteurs vitaux. D’un côté, l’agro-industrie. De l’autre, l’énergie et la logistique pétrolière. Dans les deux cas, des actifs liés au patrimoine public. Dans les deux cas, des interrogations sur la procédure, la transparence et l’intérêt réel de l’État. Dans les deux cas, Bussa au centre du jeu.
La question devient alors inévitable : s’agit-il de deux accidents administratifs, ou d’une méthode de liquidation silencieuse d’actifs publics sous couvert de technicité juridique ?
Tshisekedi face au paradoxe de la gouvernance
C’est ici que Félix Tshisekedi ne peut pas être absent du tableau. Le président a bâti une partie de sa rhétorique politique sur la rupture avec les pratiques anciennes, la restauration de l’État et la moralisation de la gestion publique. Mais que vaut cette promesse si, sous son autorité, des dossiers comme PHC et Fina Log peuvent prospérer sans clarification immédiate ?
Le chef de l’État ne peut pas dénoncer les antivaleurs dans les discours et laisser ses ministres ou anciens ministres naviguer dans les zones grises du patrimoine public. La responsabilité politique du régime est engagée. Si Bussa a agi régulièrement, le pouvoir doit publier les pièces. S’il a outrepassé ses prérogatives, alors Tshisekedi doit démontrer que la lutte contre la prédation ne s’arrête pas aux adversaires politiques, mais touche aussi ceux qui ont servi dans son propre dispositif gouvernemental.
Car le vrai test n’est pas de punir les faibles ou les opposants. Le vrai test, c’est de regarder dans son propre camp.
Une commission parlementaire s’impose
L’Assemblée nationale ne peut pas se contenter d’accuser réception. Elle doit agir. Le Bureau devrait transmettre sans délai le dossier aux commissions compétentes ou, mieux, proposer une commission spéciale chargée d’examiner conjointement PHC et Fina Log.
Cette commission devrait entendre Jean-Lucien Bussa, William Bolima Bolitshi, les responsables de PHC, les représentants actuels du ministère du Portefeuille, les organes techniques concernés, les notaires impliqués et les acteurs liés à Fina Log. Elle devrait exiger les statuts successifs, les procès-verbaux, les procurations, les avis de cession, les évaluations financières, les décisions gouvernementales et les preuves de toute contrepartie éventuelle.
Sans ces pièces, toute défense de Bussa restera une rhétorique de survie. Avec ces pièces, le Parlement pourra enfin déterminer si l’ancien ministre a protégé le portefeuille de l’État ou s’il a accompagné son effacement méthodique.
Le vrai test de l’Assemblée nationale
Cette affaire est aussi un test pour l’institution parlementaire. L’Assemblée nationale veut-elle contrôler l’Exécutif ou simplement enregistrer les dégâts ? Veut-elle protéger le patrimoine public ou couvrir les arrangements des puissants ? Veut-elle être la chambre du peuple ou le cimetière des scandales ?
Kalaa Mpinga a saisi le Parlement. Désormais, le silence ne serait plus neutre. Il aurait un camp : celui de l’opacité.
PHC et Fina Log ne sont peut-être pas deux scandales séparés. Ils pourraient être les deux fenêtres d’un même système : celui d’un État que certains responsables traitent non comme un patrimoine national à défendre, mais comme une caisse d’actifs à liquider en silence. Bussa doit répondre. Bolima doit s’expliquer. Tshisekedi doit laisser la vérité sortir. Et l’Assemblée nationale doit choisir : ouvrir les tiroirs ou devenir complice par inertie.
DIMB