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Kananga : Le personnel médical en grève
Comme annoncé par la Synergie nationale des syndicats de santé (SNSS), un mouvement de grève a été lancé le lundi 14 juillet sur l'ensemble de la province du Kasaï Central. Ce mouvement, qui affecte les structures sanitaires publiques, marque un tournant critique dans les revendications du personnel médical et administratif. Un service minimum a été instauré dans les hôpitaux, centres de santé et services administratifs, mais les activités essentielles subissent déjà des perturbations notables.
Dès les premières heures du 14 juillet, une réunion de mobilisation s'est tenue à l'Hôpital Provincial de Kananga, réunissant médecins, infirmiers, techniciens et agents administratifs. L'objectif : assurer une adhésion massive à la grève et coordonner les actions pour une paralysie progressive des services non urgents.
Selon des sources syndicales, le mouvement est strictement suivi, avec une réduction drastique des consultations programmées et des interventions non vitales. Seuls les cas d'urgence absolue continuent d'être pris en charge, conformément aux directives des syndicats.
LES REVENDICATIONS : UNE LISTE EXHAUSTIVE DE GRIEFS NON RÉSOLUS
Les syndicats, unis sous la bannière de la SNSS, réitèrent des demandes formulées depuis des mois, voire des années, sans réponse satisfaisante des autorités. Leurs revendications s'articulent autour de six points majeurs :
Amélioration des conditions salariales : les agents dénoncent des salaires indécents face à l'inflation et à la dégradation du pouvoir d'achat; le paiement des primes de risque et de rendement : ces indemnités, promises depuis des années, restent impayées malgré les risques accrus (épidémies, pénuries); l'intégration dans la fonction publique du personnel non mécanisé : des centaines d'agents travaillent sans statut stable, malgré des années de service; le renforcement des équipements médicaux : les hôpitaux manquent de matériel de base, compromettant la qualité des soins; la prise en charge sociale des agents de santé : absence de couverture maladie et retraite digne pour le personnel; enfin le paiement des arriérés de primes : des mois, voire des années de retard dans le versement des allocations spécifiques.
ULTIMATUM LANCÉ : MENACE D'UNE GRÈVE "SÈCHE" DÈS JEUDI
Dans une déclaration officielle, les porte-paroles syndicaux ont averti que si aucune avancée concrète n'intervenait d'ici jeudi 18 juillet, la grève passerait à une phase "sèche", impliquant l'arrêt total des soins, y compris des services normalement maintenus en grève (radiologie, laboratoires, etc.); le maintien exclusif des urgences vitales (traumatismes graves, accouchements compliqués, etc.); et le blocage administratif : suspension de toute gestion courante (dossiers, ordonnances, approvisionnement).
Les syndicats appellent à une solidarité totale du personnel et menacent d'étendre le mouvement à d'autres provinces si le gouvernement ne réagit pas.
À ce stade, aucune déclaration officielle n'a été faite par le ministère provincial de la Santé ou le gouvernement central. Des sources internes évoquent des "négociations en coulisses", mais sans garantie de résolution rapide.
Certains observateurs craignent une crise humanitaire si la grève s'intensifie, notamment dans les zones rurales où les centres de santé sont déjà sous-équipés.
Félix MULUMBA KALEMBA