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Kananga: le commerce informel accentue l'occupation anarchique de la voirie
La ville de Kananga est confrontée à une recrudescence manifeste de l'occupation anarchique de ses trottoirs et avenues par le commerce à la sauvette et des constructions informelles. Malgré les multiples injonctions du maire de la ville, les vendeurs et les vendeuses continuent de proliférer, transformant des espaces publics en marchés improvisés et encombrés, avec des conséquences directes sur la fluidité de la circulation et la sécurité des piétons.
Contrairement aux années précédentes où le phénomène se limitait principalement à des étalages temporaires, la situation actuelle est d'une tout autre ampleur. De nouveaux étalages ont vu le jour. Plus préoccupant encore, des "maisonnettes" nouvellement construites sont désormais visibles, marquant une sédentarisation du commerce informel qui ne dit pas son nom .
Ces constructions anarchiques et ces activités commerciales fleurissent à des points névralgiques de la ville, notamment à l'entrée de l'avenue Guillaume Lubaya (anciennement "Avenue de la mort"), Kinkole, Dibanda, Du Sapin (à côté du shop Vodacom), ainsi que sur l'avenue Gécamines.
Ces lieux accueillent désormais une diversité d'activités, allant des restaurants de fortune aux garages, en passant par des boutiques d'habillement et des salons de coiffure, toutes exerçant en toute quiétude apparente.
Cas d'accidents en hausse
Le phénomène est particulièrement criant au rond-point EL Michel, en face de l'ancien quartier général de la Monusco, transformé en un "marché sans nom" accueillant quotidiennementdes vendeurs et vendeuses. Une situation similaire est observée au rond-point Kapelito, sur l'avenue Lulua, et en face de l'hôpital Pax.
Conséquences directes : sécurité des piétons et accidents en hausse
L'occupation généralisée et anarchique des trottoirs par ces étalages et constructions a un impact direct et grave sur la circulation des piétons. Ces derniers sont contraints de délaisser les espaces qui leur sont dédiés pour utiliser la chaussée, se mêlant dangereusement au trafic routier.
Cette promiscuité forcée est un facteur majeur de risque, favorisant ainsi de nombreux cas d'accidents sur la ville, mettant en péril la vie des citoyens.
Face à cette anarchie grandissante, le maire de la ville de Kananga, Rose Muadi Musube, s'est exprimée "hors micro et caméra" sur la question. Elle a révélé que son récent communiqué officiel (numéro n°140100/V.KGA/06/2024), qui exigeait aux marchands et marchandes occupant les trottoirs et certaines avenues (notamment les détenteurs de salons de coiffure, restaurants de fortune en tôles et en bâches, étagères de vente de carburant, garages de réparation de motos au rond-point KHRT, et des véhicules en panne) de libérer les trottoirs, avait été suspendu par le Gouverneur de province dans un communiqué de son cabinet.
Cette suspension, selon elle, illustre les tensions et les défis de coordination entre les différents niveaux d'autorité dans la gestion urbaine. Elle affaiblit de facto l'autorité de la mairie et envoie un signal contradictoire aux occupants illégaux.
Malgré ce revers, Rose Muadi Musube assure que ses "services sont à pieds d'œuvre et travaillent afin qu'une commission soit constituée des membres de la société civile, des journalistes et représentants de la population, afin de ressortir de nouvelles orientations en ce qui concerne cette situation". Cette démarche participative vise à trouver une solution concertée et durable à ce problème complexe.
Manque d'accompagnement des mesures
Le chef des Travaux Freddy Biamanyi Kalume, analyste des questions économiques, déplore l'inefficacité des mesures prises par les autorités. Pour lui, le problème réside dans le fait que ces mesures ne sont "pas suivies par des mécanismes d'accompagnement".
Cet analyste estime que la solution ne se limite pas à des interdictions. Les autorités doivent impérativement "commencer par préparer les places qui devront accueillir ces vendeurs".
L'absence d'alternatives viables pour ces milliers de commerçants informels, qui constituent une source de revenus essentielle pour de nombreuses familles, explique leur résistance aux ordres d'évacuation.
Freddy Biamanyi Kalume souligne également le manque à gagner en termes de recettes pour la province, ces activités informelles échappant au cadre fiscal.
Félix Mulumba