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Jurisprudence Bakole: Faites pression, on vous paiera !
Eurêka ! Enfin, un-heureux ?- précédent en matière des revendications de paiement par le Trésor public. C’est la jurisprudence Bakole. Elle consiste à faire pression sur et via les réseaux sociaux avec l’aide de quelques « influenceurs » jusqu’à ce que paiement s’en suive.
Appelé à éclairer la religion des Congolais qui se perdaient en conjectures sur les ressorts de la « frappe » du siècle administrée hors ring par le boxeur Martin Bakole, le ministre des Finances en personne a levé le mystère sur cet exploit. L’argentier national affirme dans toutes les langues et tous les dialectes ayant cours légal en RDC que c’est à la suite « des pressions sur les réseaux sociaux » que le Gouvernement a délié les cordons de la bourse en faveur de Bakole. 100 mille dollars débloqués en procédure d’urgence et remis en espèces (en mode fara-fara pour actualiser une expression du patois kinois) à l’heureux bénéficiaire. Tout le monde connait la suite.
A l’heure et à l’ère de l’orthodoxie budgétaire, les « réseaux sociaux » deviennent l’antidote à la rigueur inhérente à la chaîne de dépense. Il n’y a pas meilleur oxymore pour les chantres de la bonne gouvernance. En mission régulièrement à Kinshasa, les cols blancs du FMI apprécieront. Enfin, les amateurs de l’argument d’autorité, façon Aristote l’a dit, ont une autre formule dans ce registre à se mettre sous la dent ou sur la langue: « les réseaux sociaux l’ont matraqué« .
Voilà une jurisprudence qui devrait inspirer enseignants, médecins, infirmiers du secteur public abonnés à la grève …Ces derniers n’ont qu’à appliquer ce qui ressemble à un passage archiconnu des Saintes écritures. A savoir Mathieu 7-7 où il est écrit: « Demandez et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira« .
En l’occurrence, ils n’ont qu’à activer la version « bakolisée« : « faites pression sur les réseaux sociaux et l’on vous paiera« . Foi du ministre des…Finances. Ainsi soit-il. José NAWEJ