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Julien Paluku appelle les députés à voter chaque année un budget de 8 à 9 millions USD
* Le gouverneur honoraire du Nord-Kivu propose que ce montant soit logé dans le compte séquestre du ministère de la Recherche scientifique.
L’impact socio-économique de la dernière éruption volcanique, survenue soudainement le 22 mai 2021, préoccupe les dirigeants congolais qui réfléchissent à comment anticiper la gestion de la prochaine crise. « On ne prévient pas le volcan, mais on prévient les risques et les conséquences que l’éruption cause », indiqué Julien Paluku, le Gouverneur honoraire du Nord-Kivu.
Du temps où il était à la tête de cette province, Julien Paluku avait réfléchi avec des scientifiques sur la survenue de l’éruption volcanique. Il affirme avoir même élaboré un plan de contingence qui permettra d’anticiper la gestion des risques volcaniques. Une simulation d’évacuation de la population avait même été effectuée.
Paneliste à la 1ère Conférence internationale sur la gestion des volcans des Virunga, qui se tient à Goma du 19 au 21 mars, Julien Paluku demande aux députés nationaux de voter un budget de 8 à 9 millions de dollars qui doit être un montant permanent, logé dans le compte du ministère de la Recherche scientifique.
Ce fonds fera que la survenue du volcan ne puisse constituer un problème, estime l’ancien gouverneur du Nord-Kivu. « A ce moment-là, le gouverneur qui sera ici, en collaboration avec le ministère de la Recherche scientifique, sera à l’aise même quand on va annoncer une prochaine éruption, parce qu’il saura organiser la manière d’évacuer la population et de la gérer dans les zones d’accueil, conforté par ce compte séquestre« , assure-t-il.
Julien Paluku interpelle, dès lors, les députés nationaux pour que chaque année, ce budget de 8 millions de dollars, même s’il n’y a pas d’éruption de volcan, soit voté. « Ce sera à la fois une manière de prévenir les risques et les conséquences de l’éruption éventuelle du volcan« , explique le ministre de l’Industrie.
Aux dires de Julien Paluku, l’éruption volcanique arrive maintenant à reculons. « Entre 1940 et 1977, il y a eu à peu près 37 ans. Entre 1977 et 2002, il s’est écoulé 25 ans. Entre 37 et 25 ans, il y a une réduction de la survenue de l’éruption. De 2002 à l’éruption de 2021, il y a eu 19 ans. Donc la période redescend. Ça veut dire que la prochaine éruption pourrait arriver à moins de 19 ans. Dieu seul sait après combien de temps la prochaine éruption va arriver« , a-t-il lâché.
L’evacuation peut créer plus de problème que le volcan
Face à cette incertitude, dit-il, il faut réfléchir à comment gérer les conséquences d’une survenue de la crise. « Il y a 50 ans, la ville de Goma n’était pas autant peuplée. Aujourd’hui, on est à 2 millions d’habitants. S’il y a une éruption volcanique qui va occasionner le déplacement de 2 millions d’habitants, il faut qu’il y ait une réflexion d’évacuation de ces habitants. L’évacuation en désordre peut créer plus de problèmes que le volcan lui-même. »
C’est ainsi qu’il a été créé ici au Nord-Kivu, un service de protection civile qui avait pour rôle de pouvoir interagir avec la population. Ce service permet à l’OVG de mettre en place un mécanisme d’alerte d’éducation de la population pour que le comportement de celle-ci soit celui qui permette effectivement à ce qu’on puisse faire face à l’éventuelle crise. « Lorsque la population n’est pas informée, elle arrive à détruire même les installations que l’OVG construit pour la surveillance du Volcan« , fait observer Julien Paluku.
aux oubliettes, les consultations des ancêtres
Selon le ministre de l’Industrie, « les services de protection civile, en collaboration avec l’OVG, ont été là pour aider la population à sortir du schéma de croire qu’il faut parler avec les ancêtres pour essayer d’apaiser le volcan… »
La particularité de Goma, dit Julien Paluku, est qu’à part la menace du volcan, il y a celle liée aux gaz (gaz méthane et gaz carbonique). Lorsque le plan de contingence a été élaboré, il a tenu compte de toutes ces menaces, assure Paluku.
Si le volcan entre en éruption, et, par malheur, les tremblements de terre qui se font, entraînent des bouleversements au niveau du Lac, un certain nombre de gaz peut remonter à la surface et créer des dégâts au niveau des populations riveraines. S’il y a explosion de gaz dans le golf de Kabundu, ça va être une vraie catastrophe.
le plan de contingence
Donc, le plan de contingence essaie de ramasser tous ces éléments collatéraux qui doivent être pris en charge pour que, finalement, la crise soit atténuée.
Il y a nécessité, à la fois en gérant les risques du volcan de dégazer le golf de Kabundu, explique Julien Paluku.
« Nous devons planifier une série d’activités pour permettre à ce que lorsque cet incident survient, nous soyons capables de le prendre en charge. »
Et donc cela appelle à une responsabilité du Gouvernement. C’est ainsi que Julien Paluku félicite le ministre de la Recherche scientifique qui a tenu à ce que cette conférence internationale ait lieu pour que le monde entier sache que, de la même manière, on s’occupe des volcans au Japon, en Italie et ailleurs, on s’occupe également de la question du volcan en RDC, parce que c’est une question qui dépasse le niveau gouvernemental, compte tenu de la crise qu’elle crée.
savoir vivre avec le volcan
« Il faut vivre, dit-il, avec le volcan, c’est aussi ça le Nord-Kivu. Le ministre de la Recherche scientifique, en organisant cette conférence, a tenu à réveiller l’attention de tout le monde, y compris celle des élus. Eu égard à toutes les activités qui doivent être faites avant, pendant et après l’éruption volcanique, il faut suffisamment des moyens pour que la surprise ne nous arrive pas ». Lorsque le gouverneur militaire avait décrété l’évacuation de la population à la suite de l’éruption volcanique du 22 mai 2021, c’était la catastrophe parce qu’il n’avait pas de moyens pour organiser la sortie de la population et aussi organiser la vie où elle est partie. C’est pour cette raison que les gens sont allés dans toutes les directions« , explique Paluku.
La dernière éruption du Nyiragongo a été marquée par l’absence de signaux précurseurs. Elle a mis en évidence toutes les difficultés de la prévision et de la gestion d’un tel événement. Cette éruption a eu un fort écho international en raison de son caractère soudain, des dommages qu’elle a occasionnés et des craintes de l’éventualité de nouvelles coulées. Elle a aussi suscité des polémiques quant à la surveillance du volcan, aux mesures de précaution ainsi qu’ aux procédures d’alerte et de communication. Didier KEBONGO Envoyé spécial à Goma