Dernière minute
Société
"Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants". Cette phrase est le début du Psaume 1:1 dans la Bible. Ce verset décrit l'homme heureux (ou bienheureux) comme celui qui évite l'influence des impies, ne suit pas le chemin des pécheurs et ne s'associe pas aux moqueurs. Bref, il…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Rien ne laissait présager qu’un simple choix vestimentaire allait susciter un tel engouement. Pourtant, en l’espace de quelques heures, le motif du corsage en pagne porté par la Première ministre…
Étranger
Leurs Altesses Royales les Princesses Lalla Khadija, Lalla Meryem et Lalla Hasnaa, accompagnées de Madame Brigitte Macron, ont assisté, mercredi soir, au spectacle d'ouverture du Théâtre Royal de…
Nation
La publication sur les réseaux sociaux d’un ordre de mission collectif attribué au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), mentionnant notamment des personnes présentées comme les épouses de…
Il y a un an mourrait l’éditeur José Nawej
28 octobre 2023 – 28 octobre 2024. Voici exactement une année, jour pour jour, depuis que s’est éteint José Nawej Mudang qui, vingt ans durant, a été l’éditeur et directeur de publication du journal ‘‘Forum des As’’.
C’est, en effet, tard dans la soirée du samedi 28 octobre 2023 que j’ai appris le décès de José Nawej, célèbre journaliste et éditorialiste de renom. Difficile en ce moment-là de croire à la nouvelle après l’appel de ma sœur cadette qui, depuis les Etats-Unis, a été alerté par ce qu’elle venait de lire sur les réseaux sociaux. Elle m’a appelé pour me demander si j’étais au courant de la disparition de José Nawej.
J’ai eu du mal à croire, car, le jeudi soir… à minuit – à vrai dire le vendredi matin à 0h00 – et donc la veille de sa disparition, je venais lui annoncer mon retour à domicile après avoir fait le marbre (bouclage du journal). Entouré d’une dizaine d’ouvrages sur la presse et la géopolitique, les morasses de l’édition sous ses yeux pour une dernière lecture avant la validation finale, il me souhaitera un bon retour à domicile.
Ces mots qui m’étaient déjà familiers, quand je le précédais à Salongo (Lemba), notre quartier commun, j’étais loin d’imaginer que c’étaient les derniers de celui que je considérais comme un aîné à l’ex-ISTI, un grand frère dans la profession, et qui, en plus, était mon employeur.
Soudain, je vis défiler devant mes yeux – telles des capsules – les nombreux souvenirs des moments qu’on a passés ensemble : ses humours à la rédaction, ses observations sévères, ses analyses lucides de l’actualité politique et de la politique étrangère, ses taquins sur chaque agent de la rédaction, son souci de rester juste et transparent dans les petites choses… et surtout dans la gestion de l’entreprise de presse qui lui était confiée.
Je me rappelais encore ses pétarades d’éditos qu’il nous faisait lire – souvent tard au bouclage – quand il estimait qu’il n’était pas inspiré, alors que je m’émerveillais à le voir jongler avec les mots et les expressions, sans perdre la logique du message à véhiculer.
Je le voyais, avec une dose d’humilité, franchir le seuil de son bureau pour venir vérifier, à la rédaction, l’authenticité ou la signification d’un dicton en langue locale, dérivé d’une chanson en vogue, ou encore appeler un confrère ou un spécialiste familier pour attester la véracité d’un fait.
C’est fort de toutes ces astuces, assaisonnées à son humilité et à son savoir kaléidoscopique, qu’il arrivait à concocter les menus de ses éditos qu’il servait – pas à la carte – à ses millions de lecteurs qui découvraient, voire savouraient les délices de sa plume à travers l’univers de la toile.
Un mois avant sa disparition, il nous annoncera, en toute humilité, qu’il venait d’être contacté par la Radio France internationale (RFI) qui s’est engagée à l’intégrer dans l’équipe des éditorialistes phares du continent africain pour la revue de l’actualité internationale deux fois le mois. Il ne se livrera à cet exercice que l’unique jeudi qui a précédé celui de nos adieux.
Aujourd’hui, lundi 28 octobre 2024, c’est à lui que nous dédions ces quelques lignes qu’il aurait corrigées avec toute la rigueur journalistique, tout en formulant ses observations… si le texte ne portait pas sur sa propre disparition.
Bien souvent, quand il écrivait sur ses proches disparus, José Nawej ne cessait de nous répéter : «Un journaliste pleure les siens à travers sa plume»… Et là, lorsqu’on revoit toutes ces images et qu’on se remémore ses propos, une phrase taraude (le verbe, je l’ai appris de lui) aussitôt notre esprit : comment taire ces commentaires !
Yves KALIKAT