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Grève imminente des enseignants des cinq territoires, impayés depuis septembre
Les enseignants des cinq territoires de la province du Kasaï-Central traversent une crise sociale alarmante, dénonçant le non-paiement de leurs salaires des mois de septembre et octobre 2025. Alors que leurs collègues de la ville de Kananga ont déjà été servis, ces professionnels de la craie, contraints de travailler plus de 60 jours sans rémunération, lancent un appel pressant au gouvernement central.
L’indignation est vive parmi les enseignants de cinq territoires : Dibaya, Kazumba, Luiza, Dimbelenge et Demba qui s’estiment victimes d’un traitement inéquitable de la part de l’État.
«Nous nous sommes toujours demandé si réellement l’État congolais nous reconnaît comme ses agents. Nous sommes déjà au mois de novembre, mais nous n’avons toujours pas touché nos salaires de septembre et d’octobre. Pendant ce temps, nos collègues de la ville de Kananga ont déjà été servis. Qu’avons-nous fait pour mériter ce traitement ?» s’est plaint un enseignant du territoire de Dibaya, hier dimanche 9 novembre.
L’impact de ce retard est direct sur la vie des familles : «Notre vie sociale est devenue très difficile alors que nous travaillons pour l’État. Nous avons des enfants à scolariser et des familles à prendre en charge».
LE RÔLE DE LA CARITAS ET LE DÉFI DE L’ÉDUCATION DE QUALITÉ
La colère des enseignants se dirige également contre la structure chargée de la paie, la Caritas, dont le rôle est vivement critiqué. Un enseignant de la province éducationnelle du Kasaï Central 1 dénonce des pratiques et une inertie prolongée.
«Cela fait longtemps que nous dénonçons le mauvais traitement que nous subissons de la part de Caritas. On a l’impression que nos doléances ne sont pas considérées par les autorités provinciales et centrales. Pourtant, le Trésor public aurait déjà décaissé les fonds».
La question de la qualité de l’éducation est mise en cause. «Comment parler de qualité de l’éducation si les enseignants ne sont pas rémunérés correctement ?» s’interroge l’enseignant, soulignant l’absurdité de travailler dans de telles conditions.
Malgré les démarches initiées par les autorités provinciales, la situation demeure inchangée, laissant les enseignants dans une précarité accrue.
Les professionnels de l’enseignement des cinq territoires du Kasaï Central appellent, une fois de plus, le gouvernement central à s’impliquer urgemment pour les rétablir dans leurs droits.
Face à ce silence et à l’absence de solution, les enseignants sont au bord de la rupture et menacent de lancer prochainement des actions de grande envergure si la situation n’est pas rapidement débloquée. Une grève générale n’est pas à écarter.
Félix MULUMBA KALEMBA