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Grand Bandundu: des forums annoncés pour apaiser la crise Mobondo
Face à la persistance de l’activisme meurtrier de la milice Mobondo dans l’espace Grand Bandundu, le gouvernement annonce l’organisation de forums dans les deux mois à venir. L’annonce a été faite en début de semaine à Kenge, chef-lieu de la province du Kwango, par le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemain Shabani Lukoo, dans le cadre de la nouvelle gouvernance sécuritaire prônée par Kinshasa.
Ces assises devraient réunir les différentes forces vives de la région pour discuter des solutions pérennes à ce conflit communautaire qui, depuis près de trois ans, endeuille les provinces du Kwilu, du Kwango, du Mai-Ndombe et touche même les confins du Kongo Central et de Kinshasa.
Si l’initiative gouvernementale est globalement saluée, elle n’échappe pas aux critiques, notamment de la part du député national Garry Sakata. Élu de la circonscription de Bagata dans le Kwilu, celui-ci appelle à tirer les leçons des deux tentatives précédentes de règlement de la crise, qu’il juge infructueuses.
Selon lui, les échecs des initiatives de 2024 tiennent à trois facteurs principaux : des négociations menées uniquement avec les bourreaux, l’implication de chefs coutumiers sans réelle légitimité, et la désignation comme médiateur d’un ressortissant issu d’une des parties en conflit, compromettant ainsi l’impartialité du processus.
"Poser un vrai diagnostic, identifier les causes profondes"
«Avant de convoquer de nouveaux forums, il faut poser un vrai diagnostic. Identifier les causes profondes de ce conflit, associer les véritables leaders locaux des deux communautés et concevoir un processus inclusif, transparent et crédible», plaide le député.
Depuis les premières attaques de la milice Mobondo à Kwamouth en juin 2022, la situation sécuritaire reste volatile. Deux initiatives majeures avaient pourtant été lancées en 2024. En avril, un acte d’engagement avait été signé entre les représentants des communautés Teke et Yaka, sous l’égide du président Félix Tshisekedi, promettant l’arrêt des violences et le retour des déplacés. Mais dès le lendemain, une attaque sanglante à Engweme réduisait à néant l’élan de paix.
En septembre de la même année, une retraite à Kinshasa avait débouché sur plusieurs résolutions : renforcement de la présence sécuritaire à Kwamouth, création de nouveaux CIAT (Commissariats de police), organisation de procès publics et mesures socio-économiques, telles que l’exonération fiscale pour les habitants de Kwamouth et l’indemnisation des victimes. Mais la mise en œuvre de ces mesures tarde et la situation reste tendue sur le terrain.
"Il faut des actes concrets, des sanctions exemplaires"
À l’approche du triste troisième anniversaire du conflit, en juin prochain, les espoirs se tournent vers ces forums annoncés. Les populations locales, durement éprouvées, espèrent que cette fois-ci, la démarche sera plus inclusive, les responsabilités clairement situées et les crimes punis publiquement.
«Il ne suffit plus de signer des engagements de paix. Il faut des actes concrets, des sanctions exemplaires contre les auteurs des atrocités et des garanties pour le retour sécurisé des déplacés», martèle Garry Sakata, qui insiste aussi sur la nécessité de restaurer l’autorité de l’État et de certifier les chefs coutumiers et fermiers légitimes dans toute la région.
Le Grand Bandundu retient son souffle. Le gouvernement est désormais attendu au tournant pour traduire ses engagements en actes et offrir, enfin, un espoir tangible aux milliers de familles déplacées et meurtries par un conflit communautaire devenu l’un des plus complexes et persistants de ces dernières années en RDC.
Jérémie ASOKO