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Goma, un cimetière: Plus de 8.000 morts après l’incursion de l’armée rwandaise
Goma, ville meurtrie, continue de compter ses morts. Et le dernier bilan avancé par le gouvernement, fait froid dans le dos ! Plus de 8.000 personnes ont péri lors des affrontements entre les FARDC et l’armée rwandaise, sous couvert du M23 au chef-lieu du Nord-Kivu. Ce bilan a été rapporté par le ministre de la Communication et Médias Patrick Muyaya, lors d’un échange avec la presse le mardi 18 février dernier.
Malgré les efforts pour se reconstruire sur fond de la reprise timide des activités socio-économiques, Goma n’est pas loin d’oublier l’horreur qu’elle a vécu pendant 4 jours et 4 nuits. Et les plaies sont encore béantes dans les cœurs de ses habitants.
La ville «la plus propre» de la RD-Congo a été transformée en cimetière à ciel ouvert par l’armée rwandaise et ses supplétifs en commettant meurtres et exactions sur la population civile.
À l’heure actuelle, plus de 5 000 morts ont déjà été enterrés. Et dans l’entrefaite, 1 568 corps traînent encore dans les structures de santé.
«Il y a 5 000 corps qui ont déjà été enterrés. Donc, d’après le dernier chiffre reçu du ministère de la Santé, nous allons dépasser les 8 000 morts. Ici, nous parlons des chiffres des structures de santé et non de ce qui s’est passé dans les avenues, dans les rues, car vous savez tous que Goma a été transformée en cimetière pendant quelques jours. Dans les structures de santé, on a recensé 1 568 morts», a révélé le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
Dans ce climat de deuil et de douleur, une lueur d’espoir subsiste. Un couloir humanitaire a été ouvert, facilitant l’acheminement des poches de sang collectées lors d’une campagne de don à Kinshasa et permettant une meilleure prise en charge des blessés dans les hôpitaux locaux. À ce jour, 4 375 blessés sont soignés dans les structures médicales.
«Heureusement, nous avons réussi à obtenir un couloir humanitaire pour faire parvenir le sang qui avait été prélevé ici. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 4 375 blessés dans les structures de soins de santé, je précise», a annoncé le porte-parole du gouvernement.
Au-delà du drame humain, le ministre a fustigé l’attitude de certaines figures politiques qui restent silencieuses face à cette tragédie qui endeuille toute une nation.
«Vous voyez, non seulement on a tué en masse, mais en plus, on veut mentir. Si vous lisez ce que dit le président, il parle de 400 à 500 morts. Même 500 morts… Imaginez, vous êtes Congolais et on tue 500 de vos compatriotes. Pourtant, certains ne disent aucun mot, ne compatissent pas. C’est incompréhensible, quelles que soient nos ambitions ou nos stratégies politiques», a-t-il dénoncé avec force.
Dans la foulée, Patrick Muyaya a appelé à bannir les démons de la division dans ce contexte de guerre d’agression tout en mettant en garde contre la stigmatisation de certaines communautés à l’égard de leurs faciès.
«Si nous voulons y mettre fin, nous devons nous réunir. Si nous voulons y mettre fin, nous devons bannir les démons de la division», a-t-il exhorté.
Les hostilités ne faiblissent pas
Les hostilités ne faiblissent pas, et les populations civiles en paient un lourd tribut. Après Bukavu, c’est la localité de Kamanyola, située à 90 km d’Uvira dans le Sud-Kivu, qui est tombée récemment aux mains des terroristes. La crise humanitaire s’aggrave, laissant des milliers de déplacés sans abri, sans nourriture et sans soins.
Face à l’horreur, le gouvernement congolais multiplie les appels à la communauté internationale pour une aide humanitaire d’urgence. La prise de Kamanyola marque une nouvelle avancée des groupes rebelles, menaçant encore plus la stabilité de l’Est du pays.
Christian-Timothée MAMPUYA