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Fonction publique: Félix Tshisekedi lance la réforme salariale
Le Président Félix-Antoine Tshisekedi a lancé hier les travaux d’élaboration d’une nouvelle politique salariale des agents publics de l’État. C'est au Palais du peuple que le chef de l'Etat a présidé la cérémonie du jeudi 24 avril, donnant ainsi un coup de pouce à la réforme attendue, annoncée avec solennité, et dont l’ambition avouée est de mettre un terme à des décennies de disparités et de frustrations dans la fonction publique.
Dans son allocution, le Chef de l’État a réitéré son engagement à ériger un État fondé sur l’équité et le mérite. «Cette réforme traduit notre ferme volonté de bâtir un État juste et je veillerai personnellement à son application», a-t-il martelé, non sans prévenir contre les éventuelles résistances qui pourraient entraver ce processus salutaire.
Jean-Pierre Lihau, Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, s’est livré à un exercice de lucidité rare dans ce secteur souvent englué dans l’opacité.
Dressant un état des lieux sans complaisance, il a pointé du doigt un système à deux vitesses où, selon ses mots, «des administrations mieux dotées jouissent de rémunérations confortables, tandis que la majorité des agents émarge à peine avec 300.000 FC par mois». Une situation qu’il a qualifiée d’«injuste» et de «socialement explosive».
Une démarche participative
Conscient de la complexité du chantier, le Gouvernement opte pour une méthode inclusive. Des représentants de tous les corps de métiers et des services publics seront associés à l’élaboration du document stratégique.
Des études menées par des cabinets spécialisés seront soumises au débat public au sein de l’administration, offrant ainsi aux agents l’occasion de participer à la refonte de leur statut salarial.
À l’issue de ce processus, le texte final sera entériné en plénière avant d’être soumis au Conseil des ministres. Il débouchera sur un acte réglementaire fixant les nouvelles grilles salariales et les équivalences de grade dans toute la fonction publique.
Des attentes fortes et une vigilance syndicale
Du côté syndical, la prudence reste de mise. Présent à la cérémonie, Fidèle Kiyangi, président de l’Intersyndicale nationale de l’administration publique (INAP), a salué l’initiative ,tout en rappelant les nombreuses promesses non tenues du passé.
Pour lui, cette réforme est une opportunité historique de corriger les inégalités et de restaurer la dignité des agents de l’État. Mais elle devra se matérialiser par des actes concrets.
La réforme salariale annoncée constitue pour beaucoup une bouffée d’air attendue dans un climat social plombé par la précarité et les inégalités criantes. Pourtant, le chemin reste semé d’embûches. Il faudra surmonter les pesanteurs administratives, les intérêts établis et les habitudes bien ancrées.
Sous l’œil vigilant du Président Tshisekedi et de la Première ministre, ce chantier s’annonce comme un exercice d’équilibrisme délicat, où chaque décision devra ménager attentes sociales et réalités budgétaires.
Si elle aboutit, cette réforme pourrait poser les jalons d’une administration publique rénovée, plus équitable et véritablement au service du citoyen. Une ambition noble pour un État qui se veut moderne et plus juste.
Jérémie ASOKO