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Enfin, la sanction dans les travées !
Les travées de l’Hémicycle exhalent-elles enfin le parfum de la normalité sur le front du contrôle parlementaire ? Mémoire olfactive en bandoulière, nombre d’initiés aux arcanes de la Chambre sont enclins à répondre par l’affirmative. Il en veulent pour preuve la destitution du ministre de l’Economie. Désaveu d’un membre du gouvernement par l’Assemblée nationale, un fait constitutionnellement trivial mais suffisamment rare voire rarissime pour être souligné.
Début d’une nouvelle ère ? Un vent de new deal dans la salle de congrès ? Révolution copernicienne dans les mœurs des « professionnels de qui sont pour, qui sont contre et qui s’abstiennent » ? Sans doute trop tôt pour crier au « changement radical ».
Il n’empêche. On ne peut pas brocarder -souvent non sans raison- l’Assemblée nationale comme un parlement godillot et se formaliser lorsqu’il entreprend de donner un contenu autre que folklorique au contrôle parlementaire.
On ne peut pas décrier l’impunité qui toise tous les régimes- de Mobutu à Tshisekedi en passant par Kabila- et ne pas saluer le réveil quoi qu’aussi tardif qu’embryonnaire de la sanction. On ne peut pas déplorer dans tous les dialectes la mauvaise gouvernance et, symétriquement, implorer l’avènement de la bonne gouvernance et ne pas exhorter les députés à favoriser celle-ci au détriment de celle-là.
En un mot comme en mille, la mise hors d’état de gouverner d’un ministre jugé indélicat par ses contrôleurs-censeurs constitutionnels a tout d’un premier pas dans la bonne direction. Pourvu que d’autres pas suivent. A condition surtout que le nécessaire contrôle parlementaire ne tourne pas au simple règlement des comptes au sein d’une majorité composite et situationniste à l’instar de la matrice d’où elle est issue autant comme par effraction que par infraction.
Dans un pays où le Parlement est perçu -politique du tube digestif oblige- par la plupart d’élus comme une antichambre du gouvernement, le risque de voir la vague d’interpellations assorties de motions de défiance être instrumentalisée à des fins de positionnement ne relèverait pas d’une vue de l’esprit. Alors, contrôle parlementaire, assurément. Mais, dans les règles de l’art. José NAWEJ